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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /2009 10:00

Notre ami ROBERT MERLOZ vient de nous quitter au terme de son combat contre la maladie.
Robert était très apprécié,  un type bien,  affable, souriant.
Un pionnier de l'aéronautique de montagne créateur aux côtés de Michel Ziegler de la Compagnie Air Alpes , pilote de ligne à Air France,   pilier du club de Méribel dont il fut président.
un ami de tous.


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AIR ALPES - Dès l'origine, Michel Ziegler appela à ses côtés Robert Merloz, ami d'école et savoyard, qui le seconda pendant les premières années puis poursuivit une brillante carrière de pilote à Air France.

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Souvent Nano (Jean-François  Chappel)  partageait ses vols en 707 avec comme copilote Robert Merloz. Merloz, ancien pionnier du vol en montagne au SFA qui, avant de rejoindre Air France, avait ouvert avec Michel Ziegler la saga superbe dAir Alpes, sans doute l'une des dernières aventures totales de l'aviation civile : à la manière de Didier Daurat alpins, ils avaient inventé les concepts opérationnels, tracé les pistes des altiports, ouvert les altisurfaces et, surtout, piloté les avions. Puis Robert était parti à Air France, et à l'aéro-club de Méribel, et retrouvé Nano.
Ensemble, ils avaient écrit la bible du vol en montagne, puis Robert avait mené sa carrière de commandant et cadre, assumant entre autres l'arrivée de l'A-320 à Air France...
Par manival - Publié dans : VOL EN MONTAGNE - Communauté : AVIATION
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 18:28
A l'atterrissage à Hyères où je me pose régulièrement, la piste est mouillée et il y a un léger vent traversier.

Soudainement, je sens l'avion qui dérape et part de travers. Je suis un peu surpris car le vent est relativement faible mais je contre ce dérapage sans problème.

Après avoir accompagné  les passagers à l'aérogare, je discute avec un mécano d'Air Inter qui fait l'assistance piste, je lui raconte que je me suis fais surprendre par une glissade et j'évoque l'hypothèse d'un aquaplaning, mais comment savoir après coup ?

Les vieux mécanos qui ont bourlingués connaissent des tas de choses qui ne s'enseignent pas forcément de nos jours.

Tu veux savoir si tu as fait un aquaplaning,  viens avec moi, on va regarder tes pneus.
Je le suis, un peu septique, que va t-il me montrer ?

Là je découvre avec lui une drôle de marque sur un de mes pneus. C'est une marque de brûlure.




Comme ce mécano m'explique, les marques ne sont pas le résultat d'un coup de frein, mais bien dues à un échauffement intense.
Un plat suite à un blocage de la roue aurait marqué aussi le centre du pneu.

L'aquaplaning se produit en fonction des paramètres vitesse et pression de la roue sur le sol.  
Le pneu, si celui-ci n'est pas bien dessiné pour évacuer l'eau, "emprisonne" entre lui et la piste (ou la route)  une quantité d'eau soumise à la pression mais aussi à une forte friction.
Du fait de cette forte pression, l'eau atteint des températures très élevée qui font se désagréger le caoutchouc.


Il est possible de calculer le moment ou l'aquaplaning se produira. 

 
Par manival - Publié dans : AVIATION D'AFFAIRES - Communauté : AVIATION
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 11:30
Crash déjà  commenté dans ce blog à l'adresse ci-dessous,
http://flight-system.over-blog.com/article-5778366.html

mais je viens de retrouver dans mes archives cette photo dont j'avais oublié l'existence, photo polaroïd prise par la police de l'aéroport immédiatement après l'atterrissage.




Par manival - Publié dans : AVIATION D'AFFAIRES - Communauté : AVIATION
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /2009 21:42

 

 

Quiconque, pilote de plaine , a  l'occasion de « frôler le cailloux » avec  un pilote expérimenté, en garde un grand souvenir et que dire si ce vol passe par un atterrissage sur une altisurface, ou mieux, un glacier.

 

Les pilotes de montagne, plus de 600 membres, se regroupent  dans  l' AFPM, l'Association Française des Pilotes de Montagne, qu'ils soient des Alpes ou des Pyrénées, mais pas seulement, car souvent ces pilotes viennent de toutes les régions pour pratiquer pendant les vacances.

 

Dans chaque région, un aéroclub organise un rassemblement tous les ans, rassemblement sur roues, et  pour ceux qui sont équipés de skis, c'est à Super Dévoluy que tous se retrouvent, y compris nos amis étrangers: suisses et italiens en majorité mais aussi autrichiens ou allemands. C'est une rencontre AFPM et EMP, «l' European Moutain Pilots » crée par l'AFPM. 

 

 

 

18 rassemblements au calendrier 2009 !

 

Des dizaines d'équipages autours d'un pique-nique, ou, comme à Super Dévoluy, au restaurant d'altitude, invités chaque année par la section Alpes du Sud de l'AFPM,  mais aussi par la municipalité, admirative du dynamisme et du bon esprit de notre association, et par Michel, le sympathique patron du resto qui nous offre un apéro « sans alcool ».

Nombreux sont ceux qui n'ayant pas d'avion équipé de skis, viennent en voiture et prennent les télésièges pour ne pas rater ce rassemblement exceptionnel.

 

 

Un autre rassemblement devient aussi incontournable, celui de La Tovière, à 7 350 pieds. Cette année le rassemblement à compté près de 60 machines dont une bonne quantité d'ulm 3 axes et de nombreux pendulaires, sans oublier un autogyre et un hélicoptère. Toute une organisation sans faille pour les accueillir sur une plate-forme étroite.

 

 

Tous réunis autours d'un repas, tartiflettes et divers, apporté en 4x4 par les responsables du club de Val d'Isère, le maître mot est « convivialité ».

Cette année, même les randonneurs y étaient conviés, la municipalité ayant fait un large écho à cette manifestation.

 

















Assis dans l'herbe, nous avons pu leur expliquer notre technique et parler aussi de l'historique de l'atterrissage en montagne en évoquant Geiger et Giraud, ces deux pionniers qui souvent avec des risques incroyables en ont fixé les bases et aussi ... enfoncés les portes de l'administration pour que l'on puisse se poser ailleurs que sur une surface horizontale  !

 

video:  décollage d'un Jodel Mousquetaire de La Tovière.

 

En Suisse, le rassemblement de Verbier, et en Italie, celui de Chamois connaissent aussi un franc succès

 

Tous ces rassemblements sont très festifs. Ils sont l'occasion de tous nous retrouver pour une journée très amicale, et souvent de prévoir entre nous d'autres rencontres.

 

Du fait du développement rapide de l'ulm,  de plus en plus de pratiquants souhaitent eux aussi venir à cette activité, mais cela ne se fait pas sans risques.


Pour voler en montagne,

il n’est pas besoin d’être montagnard, 

                                    mais en acquérir l’esprit est nécessaire.


                                            Tout comme on ne s’improvise pas marin,

                                 on n’aborde pas les massifs montagneux 

                                 des Alpes ou des Pyrénées avec l’esprit citadin.

 

Malheureusement, malgré la  bonne formation initiale des pilotes, les accidents d'avions en montagne ne sont pas rares et quelquefois dramatiques.

 

                  Nos illustres prédécesseurs,  nous ont ouvert la voie,

                            techniquement, administrativement, 

                       mais la technicité du vol et les risques encourus

                                      sont toujours bien réels.

 

En 2003, forts de ce constat, les présidents de l'AFPM et de la FFPLUM, Noël Genet et Dominique Méreuze, ont décidés de créer une structure adaptées à une formation montagne ulm « volontaire ». 

  Dominique Méreuze   FFPLUM

                                                            et Noël Genet   AFPM 


Deux pilotes, l'un ulmiste FFPLUM mais aussi pilote avion, Louis Collardeau, l'autre, moi-même,pilote avion AFPM, membre du bureau de l'association, et ulmiste, ont été désignés pour consulter les pratiquants professionnels, établir et proposer un « label montagne » basé sur le volontariat, label en vigueur aujourd'hui malgré les réticences initiales de certains pilotes et instructeurs professionnels ulm qui voyaient là, la mise en place d'une DNC contraignante. 

`

`Bien au contraire, cela a démontré que les ulmistes ont bien un esprit « responsable » et savent se prendre en main pour leur sécurité.

Le label s'obtient par un instructeur ayant été lui-même formé et labélisé au cours d'un stage spécifique théorique et pratique.

Un ouvrage « Vol Montagne » est proposé pour accompagner cette formation.

    ( à voir ici)

 

Aujourd'hui, il est parfaitement possible de trouver un instructeur ULM « label montagne » qui saura donner une formation suffisante pour appréhender le vol avec sécurité.

 

Cela dit, les plus expérimentés vous le dirons, en montagne plus qu'ailleurs, on en apprend à chaque vol.

 

article rédigé pour le bulletin FFPLUM



Par manival - Publié dans : VOL EN MONTAGNE - Communauté : AVIATION
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Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /2009 12:18
    Avril 1989,  je suis contacté par un ancien collègue pilote de l'ALAT, Bruno Grauer,  pour effectuer un vol bien particulier. Il s'agit d'aller à Mélila, au nord de l'Afrique, une enclave espagnole au Maroc.

    Bruno m'explique. Un de ses amis qui des moyens limités souhaite aller chercher son fils, Jean-Jacques, qui en en prison à Mélila. Il propose que je loue un monomoteur et que je le prenne en copilote.



    Pas évident de trouver un monomoteur pour faire cette mission, et ce n'est pas un moyen très rapide. Le fils de cet ami a obtenu une libération "in-extremis" et il faudrait aller le chercher le lendemain et pas plus tard car les conditions de sa sortie son un peu floues, cette décision pourrait être remise en question si on traîne.

    Pourquoi est-il en prison ? Voici ce dont je me souviens de cette histoire.

    Il s'est fait piéger à un contrôle en voiture qui a été fouillée en arrivant du Maroc pour embarquer au port de Mélila.  De la drogue !  Quand on revient du Maroc, il faut s'attendre à ce genre de fouille. Il prétend qu'elle a été cachée à son insu, ce n'est pas sa voiture mais celle d'un ami qui doit la récupérer.
    Possible qu'il se soit fait piéger par des amis qui ont profité d'un chauffeur en la lui prêtant, possible...
    Toujours est-il qu'il est en tôle depuis 4 mois. Son père doit donner 30 000 frs (1989) à un avocat local pour une sortie sous caution. Ne nous posons pas trop la question de savoir où va vraiment aller cette somme puisqu'il faut faire rapidement la sortie qui n'est pas très officielle et incertaine au moment d'aller à Mélila.

    Finalement, devant la difficulté à trouver un monomoteur rapide et pas trop cher et devant l'insistance du père qui craint pour son fils, je craque et je décide de faire un prix canon avec le Cheyenne, nous pourrons être à pied d'oeuvre le plus tôt possible dans la journée, d'autant plus que nous devons au passage prendre le père, Georges (je ne suis pas bien sûr de son prénom), à Toulouse, un périple bien trop long en monomoteur compte tenu aussi des escales ravitaillement en route.

    Cela s'est décidé le 3 dans l'après-midi, le 4 au matin, de très bonne heure, nous décollons de nuit de Grenoble avec bruno pour Toulouse, puis Alméria pour refueler (ravitailler en fuel - du kérozène) Je fais un plein complet pour pouvoir revenir sur le continent européen sans ravitailler à Melila où nous arrivons après 4 h 10 de vol plus les temps d'escale.

    J'avais quelques craintes en me posant à Mélila, peur des complications qu'on trouve sur certains terrains un peu "exotiques", mais non, l'escale se passe assez bien, je peux même avoir rapidement du kérozène et on accepte mes cartes de crédit.

    Expérience faite, j'ai toujours à bord une somme d'argent conséquente pour pouvoir payer cash mon kéro et mes taxes. Ca m'est arrivé une fois de devoir faire la manche auprès de mes passagers pour pouvoir quitter un aérodrome allemand qui ne prenait aucune des mes cartes aviation, ni mes cartes de crédit personnelles, et encore moins un chèque sur une banque française.
    Petite anecdote sans rapport avec cette histoire, je me suis fait piquer une pochette contenant une belle somme d'argent que je gardais en réserve dans un tiroir de l'avion, un plein d'avion, ça coûte... par un de mes passagers !  Je ne m'en suis aperçu que le lendemain du vol, difficile d'accuser, et lequel des passagers qui devait fouiller l'avion pour trouver des choses à boire ou à grignoter ?

    Rencontre,  longue discussion avec l'avocat et Georges part avec lui vers la prison d'où il revient avec son fils, un grand gaillard, épaisse tignasse bouclée, maigre comme un clou...4 mois de prison, ça vous fait faire un sacré régime !

    Les retrouvailles père fils sont émouvantes, ils se tiennent par l'épaule sans échanger un mot pendant un long moment. Nous allons tous sur une terrasse de café.
   
    Là, Jean-Jacques nous explique son affaire, la fouille de la voiture, son arrestation et surtout sa détention. Très dur la prison à Mélila avec des prisonniers de droit commun principalement nord-africains.
    La nourriture est infecte et rationnée, les co-détenus sont agressifs, il faut être sur ses gardes en permanence pour ne pas se faire violer. Pour se défendre, il a réussi à se confectionner un pic qu'il garde sur lui en permanence, ne dort que d'un oeil, pic à la main replié dans le coin de sa couchette. L'enfer...!

    Georges nous explique qu'il a donné l'argent en liquide à l'avocat ( une belle somme) et qu'évidemment, il ne faut pas trop chercher à savoir comment il s'est réparti, sa libération ne doit rien à une indulgence judiciaire mais bien à une patte bien graissée comme on dit, l'avocat à l'habitude de ce genre d'affaires.

    Il est trop tard pour repartir,  nous décidons de passer la nuit sur place.
     Dans un hôtel correct, Jean-Jacques peut enfin se doucher un long moment et s'habiller proprement avec les vêtements que son père lui a apporté, bonne précaution.

    Le lendemain, trajet inverse mais direct sur Toulouse pour déposer Georges et Jean-Jacques et retour à la base. Un vol plus conventionnel m'attend le lendemain, Le Bourget - Londres.

    J'ai non seulement fait à Georges un tarif bien en dessous d'un vol commercial normal, mais en plus, je lui ai accordé des délais de règlement. A la fin de l'année, rien n'est encore réglé et la nouvelle tombe, le groupe Genty dont Air Service Affaires fait partie est cédé au groupe Rallye implanté en Bretagne. Pour ne pas déménager à Brest, Madeleine et moi démissionnons, et ça c'est une autre histoire, juste avant la guerre du golf de 1990, la première et la crise qui s'en est suivie, et pour que Georges ne soit pas inquiété par mes repreneurs, je lui fais un avoir du solde de la facture car de toutes façons, je ne lui aurai jamais réclamé.

    Il fallait arriver vite sur place sinon la "transaction-libération" risquait de ne pas pouvoir se faire, mon intervention rapide a permis cette libération, j'en reste très heureux, ce sera l'un des mes vols vraiment utile.

    Il est à supposer que Jean-Jacques fera bien de s'abstenir de retourner en Espagne ou il risque d'être fiché.
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 09:22
Un vol me conduit à Nice en plein été, un été très chaud, 1976.

Le vol de retour vers Lille est programmé en début d'après-midi, au moment où la température est la plus élevée. Il doit faire plus de 40 degrés sur la piste.
Quand il fait chaud comme cela, le départ est le moment le plus éprouvant après avoir fermé les portes d'un avion surchauffé sur le parking en bitume,  un avion sans climatisation de surcroît. La mise en route, les autorisation de départ, le roulage, tout cela prend du temps.

Mon Piper Navajo n'a qu'une toute petite fenêtre sur le côté gauche, bien insuffisante pour aérer le poste de pilotage et la cabine. Pour avoir un peu de fraîcheur, il faut attendre d'avoir pris au moins 1 000 mètres, quelques longues minutes après le décollage, pour sentir une certaine fraîcheur. 1 000 mètres, c'est 6.5 degrés de moins.

Je suis autorisé pour un décollage face à l'est, face à la ville de Nice.
Prêt au décollage, je suis aligné, dernière check-list avant la mise en puissance et je lève la tête, prêt à mettre plein gaz.
Et là, tout d'un coup, un grand doute m'envahis. J'ai demandé à m'aligner à partir d'une bretelle d'accès  sans remonter jusqu'au début de la piste, celle-ci étant suffisamment longue pour ma machine. La mi-piste serait encore largement compatible avec les performances du Navajo.
Un grand doute, je vois les rochers du bout de piste à quelques centaines de mètres de moi et la piste semble miroiter. Je plonge rapidement dans la carte du terrain pour vérifier la longueur de piste devant moi et contrôler ma position sur cette piste. Pas de doute, je suis bien positionné, j'ai largement plus de 1 000 mètres devant moi, il ne m'en faut que 800.

Vous avez sûrement déjà vu cet effet miroir sur la route par temps chaud, la route semble couverte d'eau, et bien mon bout de piste avec ses rochers semble flotter au dessus de cette  flaque miroitante.

Convaincu que je peux décoller sans problème, je met la puissance...avec un petit pincement au coeur quand même.
J'accélère et après quelques secondes de roulage, les yeux rivés sur ce bout de piste, je le vois s'éloigner progressivement et tout redevient normal, j'ai maintenant une grande piste devant moi. 

Etrange impression.

Etonnant effet de mirage qui n'est pas si rare qu'on peut le croire, et qui n'est pas réservé aux voyageurs assoiffés du désert croyant voir un oasis.



Toutes les explications sont disponibles sur Google en tapant
"effet mirage". Il y a même des "mirages froids" par température très froide, et des "mirages chauds"...!
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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 12:02
Coup de coeur, coup de chapeau....

une aventure aéronautique atypique en faveur des maladies neuromusculaires : la traversée du Sahara en ULM par deux frères myopathes.

à voir à cette adresse   http://www.defi-myopathie.com





Par manival - Publié dans : DIVERS - Communauté : AVIATION
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 20:26

      Sur un glacier du massif du Mont Blanc, je devais rejoindre un ami, Xavier Maniguet,  arrêté avec son jojo "Marcel" sur une zone de stationnement assez étroite et pentue après un pique-nique sur le glacier du Tour.

Xavier et son jojo. Glacier du Tour.


      Sur le Tour nous étions dans une neige relativement lourde,  mais là, la neige était plus glissante, bien qu’à la même altitude mais avec un ensoleillement différent.

  Une première tentative en passant sous son avion en stationnement ne me permettant pas de m’arrêter, je remet les gaz pour une nouvel essai, et, excès de confiance, cerveau en hypoxie… ?…!    je choisi de passer derrière. Xavier filme l’approche et l’atterrissage. Je pas se derrière lui à quelques mètres,    et là, croyant être passé au-delà de sa verticale par rapport à la pente, je réduis la puissance pensant que l’arrêt serai instantané.
     Mauvaise estimation, je suis encore au-dessus de lui et dans cette neige glissante, mon Skyranger part en girouette nez vers le bas en direction de son aile droite.
     Plus question de se rattraper par un coup de moteur, il faut limiter les dégâts : je coupe le moteur pour que l’hélice ne batte pas l’aile…et ça continue de glisser….
     Au passage mon hauban frotte sur son saumon d’aile et le bout d’aile touche son hélice.   
     Ca glisse toujours, la pente est forte.   Pas de dégât apparent, remise en route du moteur, et nouvel atterrissage avec arrêt complet cette fois.


     Nos machines gardent chacune une trace de peinture de l’autre, et il n’y a eu heureusement aucune casse. 

                         Avertissement sans frais… ! Mea culpa. Belle connerie.

       Un poil plus à gauche et j'entrainais dans ma course "Marcel", le jojo de Xavier, ça ce serait sûrement mal terminé.

Faut-il tenir compte d’une certaine hypoxie qui perturbe le jugement, dû à un séjour de plusieurs heures à plus de 10 000 ft ? Un guide de montagne m’a dit que certains de ses clients, après quelques heures en altitude, avaient de la peine à coordonner des gestes comme fixer les lanières des skis ou des raquettes et autres gestes simples.

Par manival - Publié dans : VOL EN MONTAGNE - Communauté : AVIATION
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 14:07
Mon ami l'espion...



(Dauphiné Libéré du lundi 23 mars 09)


Dimanche 22 mars, les pilotes de montagne s'étaient retrouvés à Super Dévoluy, 23 avions.  Dans la matinée nous avons appris que Xavier qui devait nous rejoindre s'était crashé sur le glacier du St Sorlin.

Médecin de formation, « mais ça n’a jamais été franchement ma passion », colonel de réserve, baroudeur, spécialiste des requins, instructeur de pilotage et de voltige aérienne, moniteur de plongée, parachutiste, Xavier Maniguet touche un peu à tout, pourvu que cela roule, vole ou flotte. La médecine lui a surtout ouvert des portes, « celles du monde entier ». Une opportunité de voyages qui lui fait connaître le monde du renseignement et des agents secrets. Un univers qu’il fréquente avec assiduité et sens patriotique développé, « comme un bon petit soldat, jusqu’au bout » évoque-t-il à de multiples reprises dans son ouvrage ( French Bomber).

10 juillet 1987, une équipe de plongeurs envoyée par les services secrets français fait exploser le Rainbow Warrior. Un photographe est tué. La discrète "Opération Satanic" devient une affaire d'Etat.
                                                             (archives "les informations dieppoises)




Impliqué dans " l'affaire du Rainbow Warrior ", il a participé à " l'opération satanic " qui a fait couler le vaisseau amiral de Greenpeace qui allait menacer le bon déroulement des expériences nucléaires française. Il avait loué en Nouvelle-Calédonie le voilier qui transportait des explosifs et du matériel de plongé à Auckland, ce port de Nouvelle-Zéland ou le Rainbow Warrior a explosé le 10 juillet 1985.


Il m'avait raconté qu'il avait planqué le matériel dans le conteneur de survie à la place du canot, sachant qu'on ne peut inspecter ce matériel sans le rendre inutilisable.
Arrêté après l'explosion du bateau, il avait été mis en garde à vue et interrogé, puis relâché faute d'indices. N'attendant pas qu'on l'interroge à nouveau, il avait repris la mer subissant une forte tempête qui lui a permis d'échapper aux gardes côtes partis à sa recherche pour l'intercepter et l'arrêter de nouveau.

Altiport de Chamois en Italie (fev 2003) avec sa compagne Mireille.


Xavier au centre, avec une bande de pilotes de montagne sur un glacier italien ou nous nous étions tous retrouvés pour une sortie en groupe.

Xavier Maniguet était également l'auteur de plusieurs ouvrages comme "Le Guide de l'homme d'action", "L'aventure pour l'aventure" , "Survivre, comment vaincre en milieu hostile" , "Les naufragés, comment survivre en mer"   La montagne et vous et "French Bomber" ou il relate "sa" version de l'affaire du Rainbow Warrior.



Par manival - Publié dans : VOL EN MONTAGNE - Communauté : AVIATION
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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /2009 22:18

Encore deux petits récits sur les soucis d’avitaillement de nos aéronefs…juste pour faire frémir encore un peu plus un de mes voisins et ami qui prend souvent l’avion, n’est ce pas Nicolas… ?

 

Cette fois-ci, je vais mettre en cause une chaîne d’erreurs comme cela arrive bien souvent en disséquant les événements ayant conduit à un crash.


Les faits :

La TAT, Touraine Air Transport , effectue une ligne régulière Lyon-Tours-Dinard avec un biturbine Nord 262, nous sommes en 1974.

 

A l’escale de Tours il faut compléter le plein. L’arrivée à Dinard se fera de nuit.

Après une pause à l’aérogare, l’équipage retourne à l’avion où le pétrolier de service vient remettre au commandant de bord une feuille d’avitaillement mentionnant la livraison de "  x "  litres de carburant, la quantité additionnelle nécessaire pour le vol.

 

Pour cette étape, il n’y aura que 4 ou 5 passagers et l’équipage, deux pilotes et une hôtesse.










La météo est bonne, peu de nuages, le vol est paisible.

Sauf que, à mi-chemin, les pilotes s’inquiètent tout d’un coup de voir les jauges de carburant être très basses, pourtant, le plein à été complété.

Vérification du bon de livraison, oui, "  x "  litres ont bien été livrés…mais…horreur…ils constatent maintenant que le bon est daté de la veille.

Ils ont entre les mains un bon de carburant qui n’a pas été remis à l’équipage précédent et leur plein à eux n’a pas été fait.

 

Le contrôle est avisé de leur situation " short petrol " pour un déroutement vers un aérodrome voisin de leur trajectoire, mais à cette heure un peu tardive, aucun n’est ouvert.

Ils sont autorisés à monter plus haut pour consommer le moins possible.

 

Imaginez l’angoisse qui peut vous saisir dans cette situation…ça vous prend les tripes, l’impression de vivre un cauchemar.


Faire l’estimation du kérosène restant : pas facile d’apprécier la distance des aiguilles par rapport au zéro de la jauge qui exprime des dizaines de litres sur quelques millimètres d’un cadran, si tant est que l’indication du zéro soit juste car les jauges ne sont pas toujours bien précises. C’est pourquoi d’ailleurs j’ai l’habitude au cours de vols sans passagers d’aller jusqu’à la panne pour bien les étalonner.
Savez vous exactement quand vous serez en panne en regardant la jauge à essence de votre voiture ?

 

Personnellement, j’aurai coupé une des turbines, cela fait perdre de la vitesse mais moins que la moitié de la vitesse de croisière normale, ce qui donne une meilleure consommation distance.

 

Finalement, le vol s’est terminé en " vol plané " avec atterrissage dans la campagne, de nuit, ce qui n’est pas du tout évident.

Ils ont peut-être été aidés par une nuit avec une belle lune, je ne sais pas, mais en tous cas, la finale s’est faite aux phares d’atterrissage qui ne vous éclairent le terrain que dans les dernières centaines de mètres, trop tard pour des options majeures de choix de terrain, il faut négocier " droit devant ".

Ce qui fut fait avec relativement peu de dommages et beaucoup de chance, les passagers et l’hôtesse sont indemnes, seul le copilote a été blessé par une souche d’arbre qui a éventré le fuselage.

 

Cet accident a fait la une de la presse régionale, on en a parlé à la télévision, mais la compagnie a pris la précaution immédiate dans la nuit, pour éviter d’être trop exposée aux médias, d’effacer à la peinture le nom de TAT.

 

Difficile de dire quel est le premier maillon de la chaîne d’erreur.

 

Pris dans une routine de ligne régulière où le complément de plein devait être le même chaque jour, l’équipage ne l’a semble t-il pas sollicité expressément, le service d’escale ne s’en est pas préoccupé, le pétrolier est venu se " débarrasser " d’un bon de livraison qui traînait sur son bureau et l’équipage en confiance par ce bon de livraison est passé trop rapidement sur l’item " vérification de la quantité nécessaire  au vol " en faisant la check-list.

Normalement, réglementairement, un des pilotes ou le représentant technique de la compagnie doit être présent pendant l’avitaillement.

 

Le pilote n’a pas véritablement été sanctionné par le conseil de discipline compte tenu de la diversité des responsabilités, je crois me souvenir qu’il a eu une courte suspension de licence mais a été bien évidemment viré de la TAT.

N'oublions pas que cela c'est passé il y a 35 ans, depuis, les procédures de mise en oeuvre des avions ont considérablement évoluées, équipages, pétroliers, personnel d'escale sont soumis à de strictes contraintes de sécurité. 

 

 

L’autre cas s’est produit en Amérique du Nord sur une grosse machine et là, l’équipage a été félicité, bien qu’il se soit retrouvé en croisière avec les deux réacteurs en panne, loin de leur aérodrome de destination…. ! Sympa comme situation non… ?

 

Je ne me souviens plus de l’année, mais ça se passe dans les années 90 je crois, au moment ou le Canada adopte pour la livraison du carburant, les litres au lieu des livres, " pounds " qui sont toujours employées par les américains.

Tous nos manuels de vol s’expriment en livres de pétrole pour nos calculs, les instruments affichent eux aussi des livres pour la consommation instantanée, la contenance des réservoirs ainsi que la poussée des réacteurs qui s’exprime maintenant chez nous en newtons.

 

L’avion concerné par ce vol est un Boeing dont j’ai oublié le modèle, 767 je crois, nouveau modèle qui connais des problèmes au niveau de l’affichage des jauges des réservoirs, à tel point que pour vérifier régulièrement la quantité de pétrole à bord, des sondages sont effectués ponctuellement à l’aide d’une perche étalonnée, c’est dire l’importance du problème.

 

Un équipage de " yankee " en escale à Toronto demande un plein de " x " litres de kérozène, puisque c’est la nouvelle mesure adoptée au Canada, mais, erreur du pétrolier pas encore familiarisé aux nouvelles normes et dont le camion avitailleur doit encore afficher les débits en livres, donne la quantité demandée en livres et non en litres, la moitié seulement… !

Cela peut paraître incroyable dans un milieu de professionnels hyper spécialisés, mais c’est arrivé.

 

Etabli en croisière, l’équipage remarque bien que les jauges sont particulièrement basses, mais ce problème technique récurent d’affichage ne les inquiète pas compte tenu qu’ils ont fait un plein suffisant…(déjà vu ! )

Sauf que le premier réacteur s’arrête de fonctionner… puis le deuxième. oups !

 

Un avion de ligne est dessiné pour pénétrer facilement dans l’air avec un minimum de traînée, comme un planeur, ce qui en fait de vrais ( gros) planeurs moteurs coupés.

 

Cela dit, si l’angle de plané faible permet d’avancer de plus de 20 km pour mille mètres d’altitude perdue, compte tenu de la vitesse sur trajectoire, le taux de chute est plus important, il se retrouvera au sol plus rapidement.

De l’altitude de 12 000 mètres, le temps de plané est de 48 mn à la vitesse de 300 km/h, il serait de 2h24 pour un planeur ayant atteint la même altitude.

Cela peut paraître incroyable quand on regarde la masse d’un Airbus A-380, mais il a, lui aussi, environ 20 de finesse. (donnée Airbus industrie).

 

Par chance, le copilote est un vélivole assidu (pratiquant du vol à voile) et se souvient que non loin d’eux, une ancienne base aérienne militaire sert, entre autres choses,  de terrain de dégagement pour les planeurs qui n’ont plus assez d’ascendances pour retourner à leur point de départ. Il connaît bien la position et demande au contrôle de leur donner un cap direct précis pour la rejoindre. La météo est excellente, l’équipage pourra faire une approche à vue sans problème.

 

Seulement un premier problème est à régler d’urgence. à l’extrémité de la piste se trouve un campement permanent qu’il va falloir faire évacuer d’urgence car pour les raisons technique que je vais développer, l’avion aura toutes les chances de sortir de la piste en fin d’atterrissage.

Le contrôle va gérer cela immédiatement et réussira à contacter les responsables, à faire évacuer les abords de l’aérodrome et dépêcher des services de secours en nombre et à temps.

Le premier problème que va rencontrer l’équipage est la sortie du train d’atterrissage, n’ayant plus de moteur en fonctionnement, il n’y a plus de pression hydraulique.

Cela est prévu sur tout les avions qui ont un système de secours qui est généralement mécanique par engrenages ou par utilisation de la pression emmagasinée dans une bâche hydraulique annexe. Sur mon Jet " Citation ", le train commence à sortir par gravité puis est verrouillé par la détente d’une cartouche de gaz dans le circuit.

Le deuxième problème est que les systèmes hypersustentateurs, volets de bords de fuite et becs de bords d’attaque qui augmentent la portance et permettent des vitesse d’atterrissage faibles sont aussi manœuvrés par pression hydraulique, et eux les volets, n’ont pas de système de secours, il faudra faire sans… !

 

Faire sans, cela veut dire une vitesse d’approche très majorée. Par exemple, un Boeing 737 approche à 150 nœuds, 280 km/h. Sans volets, je suppose que cette vitesse passe au moins à 360 km/h. Pour un Boeing 767 je ne sais pas exactement, mais c’est du même ordre et probablement plus.

 

Un Boeing 767 pèse entre 180 et 200 tonnes au décollage, allez arrêter un masse pareille à près de 400 km/h, il faut de bons freins…mais Aïe… ! les freins eux aussi fonctionnent à l’hydraulique. Il y a bien un secours, une bâche hydraulique de réserve qui permet de ne donner que quelques coups de freins ou de tout bloquer mais sans anti-skid, c’est à dire sans ABS, l’anti-patinage.


Sans moteurs, il n’y a évidemment plus la " reverse ", l’inversion partielle de poussée utilisée à tous les atterrissages.

 

Pour ne pas risquer de ne plus avoir de freins en fin de course après usage de la réserve de secours faite pour une utilisation à vitesse normale, l’option et de ralentir un peu puis de freiner au maximum, ce qui va bloquer les roues.

 

 

La distance totale d’atterrissage va être considérablement augmentée par la conjugaison de la vitesse d’approche rapide et du manque de freinage mais heureusement…si l’on peut dire… n’ayant plus de kérosène l’avion est plus léger que d’habitude.

 

Sans moteurs, sans volets, arriver pile à l’entrée de piste est une gageure. Mais là encore, l’habileté du pilote de planeur va jouer en utilisant, ce qui ne se fait jamais en avion de ligne, jamais au grand jamais : la glissade.

La glissade est une manœuvre qui consiste à mettre le fuselage de travers, comme une voiture en dérapage, et l’aile en inclinaison : un savant dosage du manche à balai, le volant sur un avion de ligne, et du palonnier qui se manœuvre aux pieds et maintient le fuselage de travers, tout cela pour augmenter le taux de chute.

Si le taux de chute est trop fort, donc l’angle de plané, on diminue la glissade et cela permet une arrivée de précision.

Il faut des pilotes expérimentés et surtout qui ont pratiqué l’aviation légère, ce qui se voit de moins en moins dans ce métier ou les gens entre en carrière en passant par les écoles sans trop traîner dans les aéroclubs.

 

Ils ont réussi tout cela sans faute, l’avion est sorti de piste pour batifoler un peu dans le camp du bout de piste, les pneus explosés, glissant sur les jantes, mais l’avion n’a même pas été endommagé et bien sûr, personne n’a été blessé….

Ouf… !

 

Qu’en penses tu Nicolas… ?

Par manival - Publié dans : AVIATION D'AFFAIRES - Communauté : AVIATION
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