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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 13:15

      Je me souviens exactement du jour ou j’ai décidé d’être pilote.

      Genève, où je fais mes études. J’habite chez ma grand-mère.

      Septembre 1959, J’ai 15 ans.

 

      Au lycée, au début de l’année scolaire, un prof nous demande ce que nous pensons faire plus tard. J’écoute les élèves de la classe annoncer les uns après les autres des métiers, ceux de leurs parents en général ; boulanger, mécanicien, chauffeur de bus etc.…

      Tous ces métiers sont parfaitement respectables, mais il m’apparait qu’ils manquent d’enthousiasme.

       Je me fais déjà une autre idée de la vie. C’est triste si à 15 ans on ne pense pas à mettre un peu d’aventure dans sa vie, faire quelque chose de vivant.

      Comme les avions commencent déjà à m’intéresser, je collectionne les photos d’avions militaires et civiles et aussi des fiches techniques que publie le journal " Spirou ". Un journal pour les ados.

      Mon tour venu je dis : " pilote militaire ". C’est la première fois que je le pense tout haut.

       " Vous avez vu ça dans Tintin… ? " me rétorque le prof… ! .
L’année commence bien ! le prof ricane, la classe rigole, mais ces quolibets ne feront que m’affirmer dans mon choix.

 

      Seul un type dans son coin m’a pris au sérieux. À la sortie, Robert me parle de modèles réduits qu’il a construits. Notre intérêt pour les avions sera le point de départ d’une bonne amitié. Nous serons des inséparables.

      Lui s’intéresse à la technique radio. Il veut arriver à faire voler un avion en radiocommande. À cette époque c’est encore très rare, très technique et couteux. Il a construit un modèle réduit de vol circulaire, un avion de 30à 40 cm de long,  propulsé par u tout petit moteur de 2.5 cc fonctionnant avec un mélange d’éther et d’huile de ricin qui laisse dans l’air une odeur très caractéristique. Ça vole au bout de deux fins fils d’acier qui agissent sur la gouverne de profondeur dès que l’avion a de la vitesse et que la force centrifuge tend les fils.

       Moi, pour faire l’intéressant, je lui dis que j’en ai déjà fait voler et comme il vient d’en construire un, je suis nommé " pilote d’essai ".

       Évidemment, l’avion n’a pas fait deux tours avant de se crasher.

       Plus tard, avec mon père, je construirais aussi un avion de vol circulaire et de la même manière je le planterai dans la pelouse de notre jardin.

      Robert a fait de la radiotechnique son métier et moi je suis devenu pilote. Merci à Tintin, Buck Danny, Tanguy et Laverdure et tous les héros de BD qui m’ont fait comprendre qu’en volant on pouvait voir autrement les choses.

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Published by jean pierre Ebrard - dans MES VOLS - DEBUT DE CARRIERE
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