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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 17:12

 

Juillet 65, Geo m’écrit, il a fait passer le Bureau Véritas, les carnets de route cellule et moteur sont tamponnés, je peux aller chercher " mon Starck ".

À Dax, je demande à Michel Baurin de faire un vol de prise en main avec moi, n’ayant jamais volé sur ce type d’avion.

" Surement pas, quand tu fais un essai moteur je vois les termites qui se barrent… ! ".

Bon, il va falloir que je me lance tout seul. Il n’y a pas de radio sur cet appareil, je préviens la tour que je vais faire une accélération-arrêt sans décoller, juste pour une première prise en main.

Essais, checklist, alignement, je mets les gaz doucement…et avant que j’aie pu comprendre, l’avion est en l’air. Bon, je continue et sors du circuit de piste pour une petite séance d’accoutumance. Cet avion vole très bien, d’ailleurs il a été conçu pour faire de la voltige, le carburateur est alimenté en vol inversé.

Il est des moments dans la vie qui comptent énormément. Celui-là en fait partie. Voler avec mon propre avion, quel pied  !

Je ne m’attarde pas à Dax, ma permission est courte, et surtout, j’ai rendez-vous avec Madeleine qui est à La Rochelle chez ses parents. Je la retrouve devant chez elle, nous trainons un peu sur le port, à " La Marine ", le bistrot encore à la mode aujourd’hui face au vieux port et nous allons faire un vol autour des iles, ile de Ré et d’Oléron.

Le plein fait, l’essence n’est pas chère du tout à cette époque, heureuse époque… ! et je mets le cap sur Pontoise ou j’ai négocié une place de hangar. Mais en passant, je m’offre un petit détour par le circuit de piste de mon escadrille. Passage remarqué, mais pas forcément apprécié de tous. On a beau dire " l’esprit aéronautique ", avoir son propre avion à 21 ans, vous n’y pensez pas… !

Mon Starck me vaudra cette remarque :

" Non Ebrard, vous n’êtes pas inscrit pour une mission cette semaine, de toute façon vous volez le weekend, non… ? " Et toc.

Sachant que je fais un peu de voltige sur le Starck, on m’a même soupçonné d’en faire autant avec les avions de l’unité. J’ai fait d’autres bêtises, mais pas de voltige. Chaque avion a un domaine de vol et j’ai toujours respecté cette règle.

 

Puisqu’on parle de bêtise, en voilà une qui a valu une sacrée frousse à un de mes copains que j’avais repéré en vol plus bas que moi. À la radio je lui dis de conserver son cap, qu’il ne va pas tarder à me voir. Je prends une bonne vitesse, j’arrive par l’arrière légèrement plus bas et après l’avoir dépassé en lui frôlant le ventre je fais une ressource brutale sous son nez.

Imaginez, vous êtes aux commandes et un zinc s’inscrit grandeur nature dans votre parebrise… ! C’est bête, je sais…

Nous avions aussi l’habitude de nous retrouver pour des " combats tournoyants " à la manière des pilotes de chasse de la dernière guerre. Nous nous " enroulions " dans des virages serrés, alternés, des piqués et des remontées en chandelle comme si nous étions en train de livrer la bataille d’Angleterre.

Nous avons aussi fait des rase-mottes en nous suivant à la queue leu leu à trois ou quatre avions. Évidemment, ça n’était pas inscrit dans notre ordre de mission.

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Published by jean pierre Ebrard - dans MES VOLS - DEBUT DE CARRIERE
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