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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 14:32

 

Sur l’aéroport de Lille, j’ai eu l’occasion de fréquenter un médecin, le docteur Hochard, qui apprenait à piloter. Il m’en a présenté un autre, le docteur Marson, qui préparait sa thèse de doctorat sur le thème : " les transports sanitaires d’urgence ". Je l’ai aidé à la préparer pour la partie aéronautique : technique et textes règlementaires. Il fera de la médecine " urgentiste " sa spécialité. Il est maintenant le " grand patron " du SAMU de Lille.

 

Ces deux médecins feront fréquemment appel à moi pour des transferts sanitaires dits " secondaires ". Ce sont des transports pour des gens qui ont été soignés en hôpital, mais sont intransportables en ambulance routière. Le fait de pouvoir rentrer dans l’hôpital de sa ville avec sa famille autour de soi permet des temps d’hospitalisation plus courts. Outre le bien apporté aux patients, le cout pour la sécurité sociale est moindre, car même si l’avion coute relativement cher, le transport en ambulance routière n’est pas donné non plus, à cela il faut ajouter les journées d’hospitalisation. Progressivement, ces transports n’ont plus été acceptés par la " sécu " sauf pour des cas extrêmes. Et pourtant, l’économie immédiate sur ce type de transport engendre des couts supplémentaires. .

Les vols sanitaires doivent se faire accompagnés par un médecin ou au moins une infirmière. L’appareil répond à des normes en ce qui concerne l’installation de la civière sa fixation au plancher et un volume disponible minimum en cabine est exigé. Et bien évidemment, un dossier de conformité est déposé avant l’inspection par les services d’action sanitaire et sociale.
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Je n’ai eu qu’un seul vol " d’urgence " à faire : un décollage dans les 20 mn suivant l’appel téléphonique. J’habitais à moins de 2 km de l’aéroport et ma machine était toujours prête avec un plein me donnant de l’autonomie pour une distance moyenne. La personne à transporter avait pris un coup de fusil de chasse dans la main gauche et il était gaucher. L’Alouette III de la Sécurité Civile l’a déposé à côté de mon avion et nous sommes partis immédiatement pour Nancy où l’attendait une équipe spécialisée dans la microchirurgie des mains, seule équipe opérationnelle ce weekend-là. .
N’ayant pas eu le temps de déposer un plan de vol, j’ai informé la tour de contrôle que nous étions en " EVASAN " ce qui rend prioritaire sur tous les vols et j’ai été pris en charge par les différents secteurs radars sans autre formalité.

 

L’une des premières EVASANS que j’ai eu a réaliser fut le transport d’un homme atteint d’une grave maladie qui souhaitait rentrer dans sa région d’origine pour finir ses jours. .
Nancy – Limoges avec le Piper Navajo. Très philosophe, cet homme m’explique qu’il n’en a plus pour longtemps. Le vol se passe sans problème, avec la cage à oiseaux, le chat et quelques valises.

 

Quelques mois plus tard, je suis appelé pour faire en EVASAN le trajet Limoges – Nancy. Curieux ! j’ai fait le trajet inverse il y a peu de temps. En arrivant à Limoges, je retrouve mon bonhomme.

 

" Tous des cons…. ! Tous des cons ces médecins…. !  Il se trouve que je suis guéri et tout compte fait, je préfère retourner à Lunéville "… !

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Published by jean pierre Ebrard - dans AVIATION D'AFFAIRES
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