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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 09:54

GENTY actionnaire d’Air Service Affaires


     J’avais entendu par un collègue du Havre que GENTY groupe de grande distribution dans l’Isère et le sud-est cherchait un avion.

      Initialement, le groupe avait une participation dans la petite compagnie SINAIR du nom de son pilote-gérant, Jean-Claude Sinour. Jean-Claude est une figure de l’aviation générale, sûr de lui, fort en gueule. À l’entendre, le niveau technique d’Air France s’était amélioré depuis que ses copilotes avaient été en formation avec lui avant d’entrer dans la compagnie. J’exagère à peine. Mais c’était un gars sympathique.

      Ses débuts remontent aux années soixante quand il transportait le PDG du Dauphiné Libéré sur un Jodel Mousquetaire et des journaux entre Grenoble et Fréjus.

      Puis différentes sociétés se sont associées au DL pour exploiter un véritable avion d’affaires, Beechcraft 90 et Beechcraft 200 ensuite.

      Jean-Claude n’était pas le dernier à emplafonner les minimas règlementaires, même qu’il s’est payé une ligne électrique en finale à Bergamo.

      " C’est la faute de mon copilote qui ne m’a pas annoncé les minimas…. "

      Il a bon dos le copilote… ! Crash sans mort, des passagers choqués et lui un tassement de vertèbres.

      " Je l’ai piloté jusqu’au sol " disait-il… ! ". Son mécano Christian Trijasson à été viré quand il lui a dit qu’il aurait mieux fait de le piloter correctement jusqu’à la piste.

 

      Après ce crash, le groupe GENTY a tout de suite retiré sa participation dans la SINAIR et a cherché à avoir son propre avion et son pilote. Ils ont failli en avoir un en rachetant une grande marque de café propriétaire d’un Piper Cheyenne et c’est par leur pilote,  Jean-Claude Courtois, rencontré dans mon atelier de maintenance du Havre, FOURE LAGADEC AVIATION que j’ai eu l’information. Sauf que la transaction n’a pas abouti et que j’en ai profité pour envoyer mes offres au siège social de GENTY.

MP-DV05-r.jpg


      Suite à cela, courant avril 85, je suis contacté par un proche du PDG de GENTY, lui-même PDG d’une grande société pour faire un vol d’essai entre Grenoble et St Tropez pendant le

pont du 1er mai, grand vol…40 minutes au plus, et le reprendre 5 jours après… !

 

Jean Claude Courtois et Marc Bucaille, directeur de l'atelier Fouré Lagadec Aviation.

      Je le pose à St Tropez et lui laisse mes coordonnées pour tout changement.

      Le jour du retour, j’arrive à l’aérodrome, un message m’attend : " nous ne repartirons que demain, même heure ". Vachement cavalier. ! aucun autre client ne m’a jamais fait cela.

      Je ronge mon frein, c’est un actionnaire potentiel, il a encore des parts dans la SINAIR et veut prendre aussi des parts dans " l’ avion GENTY ".

      Le lendemain, je suis au garde à vous au pied de l’avion….Avec le sourire, et pendant que je charge les bagages il m’explique que mon avion est très bien, mais que lui, ce qui l’intéresse, c’est un Jet… !

      Ce type s’est foutu de moi. Il a profité de la situation pour s’offrir un vol de loisirs. Je lui garde un chien de ma chienne et j’aurai l’occasion de lui rendre cette amabilité. À suivre plus loin.

      L’affaire en reste là jusqu’au mois de juillet. Appel du secrétariat du  PDG de GENTY : " nous voudrions faire un vol d’essai au mois d’aout entre Grenoble et St Tropez… "

      Là, je me dis qu’on me prend pour un con, une fois ça va, de plus la date tombe juste sur la réservation de voilier que j’ai faite pour nos vacances. Je propose qu’on se contacte à nouveau en septembre…

      Contre toute attente, en septembre, la secrétaire d’un certain Jean-Louis Maupu, DG du groupe GENTY me propose de faire un vol de démo au départ du Bourget sans destination précise. Ça ressemble à une demande sérieuse.

      Rendez-vous pris, nous nous retrouvons chez TRANSAIR, société d’assistance, ou je fais la connaissance du DG et de la sœur du PDG, Sylviane Garcin.

      J’ai prévu d’aller se poser à Deauville et de leur faire survoler les falaises de Normandie en passant. Je fais mon " show " de pilote d’affaires, nous survolons Le Havre, Deauville, et le DG me dit que ce n’est pas la peine de se poser, aussi j’active le plan de vol retour vers Le Bourget.

      Au sol, le DG vient me parler : " Vous savez Monsieur Ebrard, nous avons souvent des rendez-vous importants et la météo nous empêche quelquefois de nous poser, mais vous êtes surement un bon pilote, vous avez beaucoup d’expérience, ça doit pouvoir s’arranger un peu… ? "

      " Monsieur, pour voler dans des conditions d’insécurité, je ne suis pas l’homme que vous cherchez… ! "

      " Monsieur Ebrard, justement, vous êtes l’homme que nous cherchons, c’est la réponse que j’attendais de vous, c’est parfait, je vous rappelle rapidement " .

      Voilà comment ont débuté les transactions de cession d’Air Service Affaires au groupe GENTY.

 


21 septembre, Desmarquet comme secrétaire général est délégué pour préparer les documents. Il a le pouvoir de signature. Il pensait venir discuter de la vente, mais pressé par Jean-Louis Maupu qui a tout préparé, la vente est conclue. Dans le taxi, sur le chemin de retour vers l'aéroport il est tout décontenancé: « j'ai vendu la société... j'ai vendu la société... » ce n'est pas ce qu'il avait prévu.

Moi, je suis aux anges bien évidemment, j'ai sauvé mon entreprise. Ça n'a pas été facile. Depuis le 25 janvier, 8 mois de galère.

Mais pour lui, avec les difficultés du groupe, son parcours du combattant va commencer, la faillite malheureusement est au bout du chemin.

 

Curiosité de la vie... quelques mois après, il m'appelle pour me demander de parler de lui à Daniel Cathiard à qui il a envoyé un C.V. Ce que j'ai fait évidemment, mais sa demande n'a pas été retenue.

Quant à la prime de 100 000 frs qui m'avait été promise, je ne l'ai pas eue, un prix de vente de 3 millions minimum était dans les conditions et l'affaire à été réglée pour 2.5 seulement.

 

 

 

Il est convenu que l'activité doit commence dès le 1er octobre, ça ne chôme pas.

Parti le premier en reconnaissance, je trouve un bel appartement rapidement. « Re »déménagement, « re »inscription des filles au collège et lycée. Le 1er octobre, je fais le premier vol pendant que Madeleine accueille seule les déménageurs, les mêmes qu'il y a 3 mois à leur grand étonnement.

Au milieu de cette bousculade, il faut que je fasse les courriers et amendements, une fois de plus en 3 mois pour rendre compte dans les manuels d'exploitation Aviation Civile et Véritas du changement d'adresse de la société et préparer un nouveau passage au CSAM, la cession des actions étant supérieure à 50%. De la paperasse comme on dit pour occuper les temps d'escales.


MP-DV95-r.jpgQuelques semaines après, l’avion est envoyé en atelier pour y être repeint aux couleurs GENTY. Au moment de rentrer à vide sur Grenoble avec le Cheyenne dans sa nouvelle livrée, un appel de GENTY me dit que je dois attendre…le proche du PDG, qui arrive à Charles de Gaulle et le ramener à Grenoble.

 

 

 


MP-DV96-r.jpgJe suis courtois sans plus, le vol se passe bien et…..Je lui envoie une facture pour : " un aller et retour " Grenoble- Paris -Grenoble… !

Il sait que l’avion sortait d’atelier et que de toute façon j’aurai fait ce vol avec ou sans passager. Discussions…je reste ferme, il paiera sa facture, 20 000 frs quand même...! (plus de 3 000 euros) Bien entendu, il ne fera plus jamais appel à mes services et c’est très bien comme cela, de toute façon, les vols, ce n’est pas ce qui m’a manqué par la suite.

 

    Avec le groupe GENTY, tout se passe très bien.


    Le PDG, Daniel Cathiard est un sportif, ancien membre de l'équipe de France de ski ainsi que son épouse. Il a lancé la chaine GO SPORT.

 

    Comme avec les Papiers Peints, j'ai carte blanche.

Je mets en place mon organisation avec le secrétariat. Au début, ce ne sont que les vols pour le groupe, progressivement j'ai un peu de clientèle et davantage quand les confrères de la région se décident à me faire confiance pour m'affréter régulièrement.

 

    Avec l'un d'eux, Bernard Guichon, PEAS, la Pan Européenne Air Service à Chambéry, je vais même voler en pilote intérimaire plus de 400 heures sur les avions de sa compagnie ou en échange d'heures de vol avec nos avions, et être qualifié sur Jet grâce à lui.

 

    Bernard exploite un Cheyenne lui aussi, des Beechcraft 99, avions de 15 passagers un peu anciens, comme l'instrumentation, le radar météo pas toujours opérationnel, et non pressurisé, un beechcraft Baron, un hélicoptère et en 88, nouveau venu, le jet Cessna Citation de MTS, une société tournée essentiellement vers l'hélicoptère.

    400 heures de vol, c'est presque un an de vols pour un pilote d'affaires, et cela en moins de 4 ans. 4 ans seulement parce que ce bon plan malheureusement ne va pas durer. Mais n'anticipons pas.

 

    Jean Louis Maupu, le DG souhaite apprendre à piloter, et évidemment me sollicite pour cela. En volant à l'aéroclub de Grenoble-Le-Versoud, je vais le conduire jusqu'au brevet sur monomoteur. Parallèlement, je lui fais une formation sur le Cheyenne au cours de ses déplacements, ce qui n'est pas toujours apprécié des autres passagers du groupe qui subissent un peu les maladresses de pilotage, mais ça les rassure aussi, il pourra ramener la machine s'il m'arrive quelque chose.

 

    Je partage un hangar avec la S.A.R. Société Aéronautique Roanaise, qui y a établi son atelier sur l'aérodrome de Saint Étienne de Saint- Geoir. Le chef d'atelier est Christian Trijasson, l'ancien mécano de la SINAIR de notre ami Jean-Claude Sinour.

MP&DV99-bd

    Au début de mon installation, je confie à la SAR l'entretien du Cheyenne, mais je vais avoir quelques soucis, leurs avions passant en priorité je n'ai pas l'entretien que je souhaite, je le confie donc à la PEAS de Chambéry, ce qui renforce notre collaboration.

    L'atelier fermera complètement et je me retrouverai -enfin- seul dans le hangar. Je vais pouvoir l'aménager à ma guise pour l'accueil passager et mon outillage d'entretien courant, et rendre propre et accueillant le bureau qui est le local d'accueil des passagers. Trijasson y faisait de la mécanique l'hiver sans soucis pour la moquette et le mobilier.

  Sur le mode américain, ou suisse, j'avais déjà fait peindre la totalité de la surface de hangar, le ciment du sol, en vert avec de la peinture industrielle, on peut ainsi essuyer les taches d'huile au lieu qu'elles s'imprègnent dans le ciment, ça donne un aspect plus propre et plus sérieux. Je suis toujours surpris de voir l'état de saleté de la plupart de nos ateliers français.

 

    Le PDG d'une société propriétaire d'un avion sera extrêmement sensible à cet aspect et la compétence des m      Sécanos ne compensera pas l'aspect sale et négligé d'un atelier.

    Seul dans le hangar, j'ai fait de larges marques au sol positionnant l'avion en stationnement et placé à côté, le charriot électrique de manutention de l'avion, une roulante d'atelier, le karcher et divers matériels bien rangés. Cet ordonnancement inspire confiance aux passagers qui traversent le hangar pour embarquer.
L'hiver, l'avion est sur groupe sur le parking avec le chauffage pour plus de confort à l'embarquement

    Dans le hangar toujours, à côté du bureau, j'ai installé des tables et des fauteuils sous des parasols où les passagers peuvent prendre un café et des croissants en lisant la presse du jour.

     Sur les murs, j'ai installé des panneaux avec les pubs de la filiale Go Sport, pubs sportives, très dynamiques.


    Tous ces détails sont extrêmement importants pour donner vraiment l'assurance que même un petit avion d'affaires peut apporter le même sérieux et la même compétence que les avions de ligne.

 

 

 

ASA-.jpg

 

      ELLE A TOUT D'UNE GRANDE.... !

 

       Papier à lettre sur fond de montagne, flyer, carte de passage et de bagages pour fidéliser la clientèle, billet de transport, oui, elle a tout d'une grande cette petite compagnie aérienne...

 

 


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Published by jean pierre Ebrard - dans AVIATION D'AFFAIRES
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commentaires

Bayvet 18/10/2014 22:36

J ai connu il y a 28 ans Jean Claude Sinour c était un homme merveilleux un pilote extraordinaire

Tout qui va bien tout qui va droit comme il disait ...je lui dois d avoir été un de mes premiers clients quand j ai ouvert mon cabinet de conseil.
Bien amicalement
Dbv

Sinour Stéphane 31/08/2008 06:36

L'histoire du crash de mon père est un peu plus compliquée que cela... J'apprecie tres  moyennement ce genre de ragot degradant au vue de  sa carriere. Malheurement lors de ce regrettable accident il subit bien  plus qu'un simple tassement de vertebre. Quand à ce cher actionnaire "Genty", je le remercie d'avoir abandonné si lachement la Sinair. Grace à lui la comagnie a  revecu de  plus belle, jusqu'à la retraite  de mon pere.Stéphane

manival 31/08/2008 20:25



Désolé Stephane. Dans cet article, je n'ai pas voulu être désobligeant vis à vis de ton père, Jean-Claude Sinour qui a été un pilote à la carrière remarquable, du Jodel au Jet privé, il a volé
sur toutes sortes de machines au sein de la Compagnie Sinair qu'il a créé avec différents actionnaires. Peu de pilotes ont son palmarès.


J'ai aussi dit que c'était un gars sympathique.


Nous volions à une époque ou la formation de pilotes en équipage n'était pas ce qu'elle est maintenant ce qui supposait de la part du commandant de bord une attention plus soutenue pour ses
actions et celles de son copilote.


Cela dit, je ne cache pas que moi même, je n'ai pas toujours volé dans les règles et que si je n'ai pas eu d'accident, c'est que j'ai aussi eu une part de chance.


Il n'a pas été le seul à avoir ce genre de problème, je le raconte dans un nouvel article à voir sur le blog.


Quant au groupe Genty, le PDG voulait depuis quelques temps déjà avoir son propre avions et nous devions acquérir un un Jet Citation, je suis allé faire la qualif en 88 aux US mais la cession du
groupe au groupe Rallye a mis fin à ce projet.


J'espère que ta propre carrière se poursuit bien.


bien cordialement jean pierre Ebrard