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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 17:14

     Un vol client vient de s’annuler. Je devais accompagner toute une famille avec ses bagages à Palma. Comme j’arrive à quelques heures de la visite périodique de 100 heures, je décide de l’anticiper, quitte à perdre un peu de potentiel pour être disponible pour les vols à venir qui ne manqueront pas en cette période estivale où la demande de vols privés complète celle des vols d’affaires.

      Je conduis l’avion à Chambéry, siège de la PEAS, Pan Européenne Air Service avec qui je travaille beaucoup et c’est aussi mon atelier d’entretien. Mon collègue Bernard Guichon, PDG de cette petite compagnie est aussi pilote. Il a besoin de mon appareil pour un vol qui vient de se déclencher avec un de ses clients, nous avons l’habitude d’échanger nos avions pour plus de disponibilité pendant les périodes de révision ou les congés pilote. Comme j’ai dépassé le quota réglementaire d’heures de vol, c’est donc lui qui fait ce transport. Il a plusieurs modèles d’appareils et nous avons le Cheyenne en commun.

     Au retour, il va voir son chef d’atelier et lui fait remarquer que la commande de profondeur de mon Cheyenne est plus souple que la commande de leur avion.
Le chef d’atelier fait rentrer l’avion dans le hangar et de l’extérieur, agite la gouverne de bas en haut.
« tsing….. ! » Tiens, drôle de bruit dans le fuselage.
     Ouverture des trappes pour constater que l’un des deux câbles qui permettent à l’avion de piquer ou cabrer vient de céder, le dernier toron a lâché… !
Bernard m’appelle : « nous l’avons échappé belle… ! ».

     Quelques mois auparavant, j’avais fait faire une modification imposée par le constructeur et l’aviation civile, ce qu’on appelle une CN, consigne de Navigabilité, dans mon ancien atelier du Havre, FLA, Fouré Lagadec Aviation.
   MP-DV12-r.jpg  Le mécano, Fox, un surnom parce qu’il s’appelle Terrier, un très bon mécano chaudronnier d’aviation, a dû déposer les commandes pour ce travail, mais au remontage, il a fait passer le câble dans une poulie, au-dessus d’un axe antibattement qui justement doit l’empêcher de sortir de la gorge de la poulie. Le câble s’est petit à petit usé, l’axe a fini par sortir de son logement et j’ai volé ainsi des mois avec une commande prête à lâcher à la moindre sollicitation un peu brusque.
    

     À la décharge de Fox, le départ du câble est situé dans un endroit impossible derrière le tableau de bord, mais il aurait dû vérifier son installation avec un miroir. Les mécanos ont des miroirs comme ceux des dentistes pour leurs inspections.

La baraka encore...!

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Published by jean pierre Ebrard - dans AVIATION D'AFFAIRES
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