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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 19:10

En avions d’affaires, nous avons droit de plus en plus aux mêmes contrôles que les avions de ligne, pilotes y compris. Il y a eu surement beaucoup de trafics illicites grâce aux avions privés.

Difficile de contrôler tous les aérodromes de France, plus de 400 dont beaucoup de petits terrains isolés où il n’y a pratiquement jamais de mouvements. ( en terme aéro, un mouvement = un atterrissage ou un décollage) J’ai d’ailleurs été témoin d’un trafic illicite.

 

Je suis dans l’avion, arrivé en avance pour prendre mes passagers à Amiens. L’aérodrome n’est pas contrôlé en permanence, c’est l’heure du repas. Bien installé dans un siège de la cabine, je ne dois pas être visible de l’extérieur.

Un bimoteur léger, Piper Aztec, qui vient de se poser fait un arrêt au parking sans couper les moteurs. À peine une minute après, une voiture arrive, un type en descend, va à l’avion avec un petit colis qu’il remet au pilote et s’esquive aussitôt. L’avion repart immédiatement et après le décollage part vers le Nord.

Je note son immatriculation, française, mais je ne pas lire celle de la voiture, et intrigué par ce manège, de retour à Lille, je demande au bureau de piste si cet avion s’est posé à Lille, d’où il venait et où il allait. L’avion venait de Belgique, a passé la douane destination Paris Le Bourget.

Bizarre… bizarre… ! vous avez dit bizarre et vous avez raison, car compte tenu des horaires, il s’est annoncé venant de Belgique alors qu’il venait d’Amiens. Louche, très louche.

 

J’ai pour amis et voisins, dans un petit immeuble que j’occupe, proche de l’aérodrome, deux inspecteurs des douanes. On a les amis qu’on peut… ! Non… je plaisante, j’ai aussi eu un ami inspecteur des impôts… ! et aussi deux juges… ! ça peut servir les bonnes relations. … !

À l’un d’eux, je raconte mon histoire. Non, je n’ai pas honte de cafter pour un trafic qui peut être un trafic de drogue.

L’info est importante, mais rien ne peut être retenu sérieusement contre le pilote, par contre, lui, son avion et son entourage vont être mis sous surveillance. Je n’ai pas eu de retour sur cette affaire.

Cette facilité de circulation se retrouve aussi pour les voiliers de plaisance dont on apprend régulièrement l’arraisonnement par les douaniers.

 

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Lorsque nous partons ou revenons de l’étranger, nous devons en même temps que le plan de vol, déposer un avis de départ aux douanes concernées par l’aérodrome lorsque celles-ci n’ont pas de bureau permanent. Si à l’heure du départ les douaniers ne sont pas là, nous pouvons décoller et les passagers à l’arrivée peuvent quitter l’aérodrome. Il faut le dire, ils ne sont pas souvent là.

 

Un de mes passagers s’est fait piéger au cours d’un contrôle à Amiens. Il est un ressortissant britannique résidant en France, de ce fait, il doit déclarer ses revenus français ET étrangers en France.

Fouille des bagages et de son  attaché-case …le douanier trouve un chéquier anglais… !
Enquête et pas de chance pour lui, il ne déclare pas ses revenus anglais aux impôts français. C’est un anglais assez fortuné, il me dira quelque temps après que ce contrôle lui a couté très cher.

Tant pis pour lui, tant mieux pour les finances de la France… !

 

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Attention à la contrefaçon… !

Revenant du Maroc ou j’ai acheté pour 100 balles des Cartier, Breitling et autres…au moins quatre montres, je me suis fait la trouille pendant le vol retour parce que si on se fait prendre avec, d’abord c’est la confiscation et ensuite l’amende peut atteindre trois fois le montant de la valeur du produit contrefait… ! À prendre au sérieux quand on voyage.

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Douaniers anglais : attention.

Année 70, la circulation des biens, des marchandises et des personnes  est très stricte.

 

Je suis appelé pour une EVASAN et je dois emmener un anglais, hospitalisé en France à la suite d’un accident à Lydd, petit aéroport du sud de l’Angleterre.

Nous faisons un vol sans histoire et à l’arrivée, l’ambulance est au pied de l’avion, avec tout un tas de gens galonnés. Le patient est transféré dans l’ambulance, le médecin français et l’infirmière l’accompagnent jusqu’à l’hôpital proche de sa résidence.

Mon copilote et moi mettons de l’ordre dans l’avion, mission terminée, préparons le vol de retour et nous nous dirigeons vers l’aérogare pour attendre le corps médical.

Nous passons devant le bureau des douanes anglaises :

 

" Good morning gentlemen, from where are you coming… ? "

" From France Sir ".

 

Et là commence un dialogue de sourds…et vos passagers, où sont-ils partis, vous avez fait " a criminel action " in english dans le texte… !

Normalement, patient, médecin et infirmière auraient dû présenter leurs passeports. Faute grave : immigration sauvage… !

Nous sommes aussitôt conduits dans une pièce d’enfermement pour violation des règles d’immigration anglaise… 

"you d’ont realise, it’s a criminal action… ! "

 

Clic…clac…enfermés… !

Bravo… ! je vais devoir appeler mes copains douaniers français, sauf qu’ils m’ont dit que si j’avais un problème à l’étranger, ils ne pourraient rien pour moi.

 

Finalement, le corps médical revient, il peut être contrôlé et un douanier envoyé à l’hôpital relève l’identité du patient anglais ( patient anglais, tiens… c’est le titre d’un très beau film avec Juliette Binoche…), mais je dois encore expliquer que j’avais demandé la douane à l’arrivée et que c’est l’aéroport qui a autorisé la présence de l’ambulance au pied de l’avion, mais sans l’avertir

À la fin de la journée, nous pouvons enfin décoller.

 

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Le Whisky, spécialité anglaise, coute bien moins cher qu’en France quand on peut l’acheter en " duty free " en Angleterre. Il y a bien sûr des quotas.

À l’aéroport j’ai de nombreux amis et ceux-ci m’ont demandé de leur ramener quelques bouteilles pour une petite fête organisée par le personnel de la CCI et les contrôleurs.

Normalement, un pilote ou un membre d’équipage ne peut ramener que le dixième de ce qui est concédé aux passagers, soit un dixième de litre, j’en ramène près de dix bouteilles.

 

À l’arrivée, un code a été convenu avec les contrôleurs pour leur signaler que j’ai bien la commande. Mon indicatif radio est "  F-BRNS ", NS se dit " Novembre Sierra " en alphabet international. Si je ramène le whisky demandé, je dois donner l’indicatif "  Novembre Chivas " du nom de ce fameux whisky.

En arrivant au parking, un douanier est là.

 

" Rien à déclarer… " ?

" Heu…et bien… oui…un peu de whisky… "

" Ah bon…et bien je le savais, monsieur Ebrard, je suis heureux que vous me le disiez, je ne vais pas vous en demander plus…fin du contrôle ".

 

Il y a eu une fuite, et j’ai su ensuite que si je ne lui avais pas déclaré mes bouteilles, il m’aurait aligné. Comme quoi l’honnêteté paie… !

 

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Encore une histoire de whisky.

Dans les années 70, la douane anglaise contrôle tout ce qu’il y a à bord. À Manchester, au cours d’un de mes premiers vols vers cet aérodrome, les douaniers mettent des scellés sur le bar de l’avion qui contient des alcools, (les alcools sont très taxées en Angleterre) et me fait aller sur un parking " sous douane " alors qu’autrement j’aurai pu rester devant l’aérogare.

Au retour, il faut faire l’opération inverse, ramener l’avion et contrôle des scellés.

Tout cela est une perte de temps considérable, car les douaniers ne sont pas toujours instantanément disponibles.

 

Au cours d’un vol suivant à destination de Manchester, j’oublie de vider mon bar de ses alcools et voilà les douaniers qui veulent me rejouer la comédie des scellés et du parking spécial.

Sous leurs yeux ahuris et ceux de mes passagers, je vide deux bouteilles de whisky sur le bitume et je dis :

 

" Y stay here…OK… ? "

 

Je suis resté là, le douanier est reparti avec un air de dédain très manifeste :

" Ils sont fous, ces gaulois " a-t-il surement pensé

 

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Leeds, arrivée en avance…

 

C’est un de mes premiers vols en Angleterre, destination Leeds & Bradford, un aérodrome au nord-est de Manchester, il desserre ces deux villes. La douane de Sa Majesté ouvre à 9 heures.

Mes passagers arrivent avec un peu d’avance et un vent favorable nous fait arriver trop tôt à la verticale de la balise d’approche. Le contrôle me baragouine quelque chose…mon anglais est encore assez relatif, j’apprends sur le tas et le " please say again "  (svp, répétez) est souvent utilisé.

Je comprends que je dois attendre dans le " holding " (zone d’attente).

J’attends.

Au bout d’un moment, j’appelle pour demander l’atterrissage.

 

" Vous confirmez, vous voulez atterrir, mais…….Rg….çize^…wait custom… oizefoi… "

" Yes Sir, please ".

 

Je n’ai pas tout compris sauf qu’il faudra que j’attende la " custom " (douane).

Qu’à cela ne tienne, j’atterris donc. Cela m’est déjà arrivé d’être en avance sur un terrain anglais et nous avons patienté jusqu’à l’heure officielle dans une pièce fermée.

 

8h45, nous débarquons et je vois un douanier anglais finissant de mettre sa veste à gallons qui vient vers nous, contrôle les passagers, les laisse partir et me coince dans son bureau.

" Criminal action " quoi qu’on fasse, je pense que les Français sont tous des criminels potentiels…

" Criminal action ", il me l’a répété plusieurs fois, mais comme il parlait très vite avec un fort accent, écossais ou autre, je ne comprends pas la moitié de ce qu’il me dit.

"  I d’ont understand, sorry, I d’ont understand "

 

Je suis resté imperturbable, j’ai fait l’idiot (sans trop de peine…) pendant un quart d’heure,

Excédé, il a finit par me mettre à la porte de son bureau.

 

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Les douaniers travaillent aussi avec des auxiliaires très efficaces : les chiens. Ils sont capables en fonction de leur dressage de repérer, soit de la drogue, soit des explosifs ou toute autre matière. Ils ont un " pif " spécialisé et ça fonctionne très bien.

 

Plusieurs fois nous avons eu droit à leur visite, généralement ce sont des bergers allemands, mais pas seulement.    À Lyon, le dernier qui est venu " snifer " l’avion était un Labrador.

chien-douanier.jpg

Pour eux, le jeu est la base de leur entrainement. Ce Labrador, je l’ai vu faire un saut impressionnant pour entrer dans le coffre. Il s’est aussi un peu attardé sur les croissants des passagers, mais respectueux, il n’y a pas touché.

 

Petite anecdote : On croit généralement que le Labrador est un chien très gentil. Détrompez-vous. Mon chien, un berger Picard, tout à fait gentil lui, s’est fait broyer une patte par un Labrador. Il a fallu lui mettre des tas de broches et mon assureur m’a dit que statistiquement, cette race de chien est celle qui cause le plus de sinistres.

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Published by jean pierre Ebrard - dans AVIATION D'AFFAIRES
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