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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 20:26

Je fais mes tout premiers vols de transport avec la compagnie Air Wasteels sur Piper Navajo. Je ne connais pas encore bien la règlementation du transport public, pas plus que le gérant de cette société qui m’envoie avec quatre passagers à Milan, dont le patron d’une grande société du Nord, et m’assure que je peux faire une directe en survolant le Mont Blanc en utilisant les masques à oxygène.

Les masques passagers et les masques pilotes ne sont à utiliser qu’en secours, mais pas en utilisation régulière, ça, je ne le sais pas encore.

 

 

 

J’explique bien comment utiliser l’oxygène et recommande de bien garder les masques pendant toute la durée du vol à haute altitude.

Les routes aériennes imposent dans le secteur du Massif du Mont Blanc un niveau de vol 190 minimum à l’aller, 5 800 mètres, 200 au retour.

 

Le soir en rentrant, pour sortir de la couche nuageuse je demande le niveau 220 soit 6 700 mètres. A cette altitude, sans accoutumance, on ne reste pas longtemps conscient.

Le froid plus intense qu’à l’aller à ce niveau gèle une de mes commandes de pas d’hélice, les gaines des câbles sont en téflon, mais l’humidité s’y est installée , ça givre et ça bloque tout.

Je suis obligé de rester en petit pas, l’équivalent des premiers rapports d’une boite de vitesse auto. C’est un problème que je rencontrerai encore au cours de mes vols, surtout à très haute altitude en biturbine pressurisé où la température atteint couramment les –50°.

 

Pendant que je suis occupé à essayer de régler ce problème, je ne vois pas qu’un des passagers a voulu récupérer une sacoche dans la soute arrière. Il a enlevé son masque et git entre les sièges. Un peu de remue-ménage finit par attirer mon attention. Je dis aux autres passagers de surtout ne pas enlever leurs masques, de le tirer par les pieds et lui remettre rapidement un masque sur le nez.

 

Le Mont Blanc passé, je redescends en basse altitude. Tout le monde va bien, je retrouve le fonctionnement normal de mon hélice et pour se remettre de leurs émotions, mes passagers se rattrapent sur le bar.

Cette histoire fera longtemps le tour de leur société. Quelque temps après, ils achèteront un biturbine puis un Mystère 10 (qui s’appelle maintenant Falcon 10, changement d’appellation) basé à Merville , qui leur apporteront bien plus de confort et de rapidité que mon Navajo.

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Published by jean pierre Ebrard - dans AVIATION D'AFFAIRES
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