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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 21:21

19 et 20 septembre 1988

 

Mes collègues de Paris-Le-Bourget, DARTA, compagnie d’avions d’affaires, me demandent de faire un vol, Paris – La Rochelle – Zurich. Un seul passager, un bon client, ils préfèrent me confier ce vol avec notre Piper Cheyenne plutôt que d’appeler un confrère local, question de confiance.

À André, l’un des commerciaux, je dis que je vais venir avec Madeleine, elle sera hôtesse pour aller voir ses parents à La Rochelle. Nous faisons donc notre mise en place de Grenoble au Bourget.

Préparation du vol du matin avec tout ce qu’il faut pour un super petit déjeuner à bord et avec tous les journaux que lisent les VIP : Les Échos, L’Équipe, La Tribune, etc. Nous sommes fin prêts au pied de l’avion, bien à l’avance comme d’habitude.

 

André vient nous voir.

" J’ai dit au client que tu avais un copilote, pas une hôtesse, je croyais que tu venais avec ta fille… "

 

Il va falloir assurer… ! Il nous reste une demi-heure pour apprendre comment mettre en route l’avion. Briefing au poste, je montre à Madeleine tous les boutons et manettes qu’elle devra manœuvrer sous ma direction à l’interphone pour faire illusion.

Notre passager est suisse.

Mise en route par Madeleine " sous contrôle ", roulage, j’assure la direction aux palonniers et donne les instructions pour le dosage des manettes de puissance qui sont au centre du poste de pilotage bien visibles par les passagers.

 

Tout le vol se passe ainsi. En croisière jusqu’à l’approche finale, le PA (pilote automatique) prend le relai. Night-stop à La Rochelle.

Le lendemain le vol à destination de Zurich se passe on ne peut mieux, nous discutons quelques minutes avec notre passager avant l’embarquement en attendant les douaniers. Bonne météo, aucune turbulence.

 

À Zurich, nous l’accompagnons au terminal aviation d’affaires. Là sur le parking, il nous dit qu’il a fait un très bon vol, il nous remercie chaleureusement et me glisse des billets dans la poche de ma veste. C’est très inhabituel.

" Si si…acceptez, faites-moi plaisir ".

En retournant à l’avion, je regarde ce qu’il m’a mis dans la poche : trois billets de 500 fr… ça fait bien 450 euros d’aujourd’hui. Pas radin le client.

 

Cette expérience de pilotage me donne l’idée d’utiliser cet argent pour inscrire Madeleine à l’aéroclub et commencer des leçons de pilotage.

Il est évident que de venir en copilote stagiaire dans mes vols professionnels nous permettrait de voyager ensemble, nos deux filles sont largement assez grandes pour se gérer seules, la cadette, Sophie a 12 ans, Virginie a 17 ans et déjà brevetée sur le Cheyenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vols en aéroclub sur Piper Tomawhack puis sur Jodel commencent en alternance avec les vols sur Piper Cheyenne au cours des mises en place à vide.

 

Au début, j’ai dû vraiment la pousser pour aller jusqu’au " lâché en solo ", puis encore pour finir le brevet, mais le métier est venu et la passion aussi.

 

 

La mère et la fille en équipage

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Published by jean pierre Ebrard - dans AVIATION D'AFFAIRES
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