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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:04

Premier vol de nuit à Amiens.

 

Je suis toujours en relation avec le professeur Milhaud, cofondateur d’Europe Assistance, patron du service de réanimation et du SAMU d’Amiens. Nous allons établir une convention entre le C.H.U. d’Amiens et AIR SERVICE AFFAIRES pour les transports sanitaires. Convention obligatoire au regard de la sécurité sociale pour accéder aux remboursements.amiens-premier-vol-de-nuit-r.jpg

 

L’aérodrome vient juste d’installer un balisage, une nouvelle tour de contrôle et la balise « radiocompas » permet les arrivées aux instruments. Il est prévu un atterrissage de nuit devant la presse et diverses personnalités de la région. C’est le « décollage » pour cet aérodrome qui s’ouvre ainsi au trafic des avions d’affaires avec Michel Delaigle, contrôleur et chef d’aérodrome.

 

 

Michel est de ces contrôleurs qui vivent avec les pilotes en se fréquentant au club-house du club ou au bar du terrain. Je me dois de lui rendre un hommage posthume.

Ancien radio de marine, c’est un amoureux de son métier. Habitant sur le terrain, il vivait son trafic même les jours de repos. Il avait quitté un grand centre de contrôle pour un petit terrain pour mieux s’occuper de son fils handicapé.

Fréquentant l’aérodrome assidument avec le Cheyenne, une grande complicité s’est établie entre nous, au-delà des relations de travail.


cheyenne-rasemotte

Un matin je vais lui faire une peur bleue. J’arrive de Lille pour prendre mes passagers, Michel lui à ce moment-là entre sur la piste avec la 4L de service, il l’appelait « la jaunette », pour une inspection du terrain, gyrophare tournant, et s’annonce règlementairement sur la fréquence.

 

Moi, en écoute, mais n’ayant pas encore appelé, je me positionne pour arriver en rase-mottes sur la piste et je passe au-dessus de lui à pleine puissance.

 

delaigle-michel-b.jpg     Quelques secondes après je l’entends hurler à la radio, amicalement, que je suis un vrai salopard… Excuse-moi Michel. Nous nous estimons réciproquement. Malheureusement, en 1982, a 45 ans, une maladie l’a emporté en quelques jours.

 

 

 

 

 

 

L’aérodrome est sommairement aménagé pour les arrivées aux instruments, lorsque la météo est incertaine pour le vol du lendemain, je préfère me mettre en place la veille au soir pour assurer le vol de mes passagers amiénois. Nous nous entendons en fonction des programmes à la télévision. Comme il habite une maison de fonction sur le terrain, à la fin du programme télé, il vient à la tour allumer la piste et moi, je calcule mon vol pour arriver au même moment.


 

Michel est de ces contrôleurs qui vivent avec les pilotes en se fréquentant au club-house du club ou au bar du terrain. Je me dois de lui rendre un hommage posthume.

Ancien radio de marine, c’est un amoureux de son métier. Habitant sur le terrain, il vivait son trafic même les jours de repos. Il avait quitté un grand centre de contrôle pour un petit terrain pour mieux s’occuper de son fils handicapé.

Fréquentant l’aérodrome assidument avec le Cheyenne, une grande complicité s’est établie entre nous, au-delà des relations de travail.

  

J’en ai fait des mises en place par précaution que la météo du lendemain ne justifiait pas souvent.

Je préfère cela plutôt que mal dormir en pensant au vol du lendemain quitte même à dormir dans l’avion quand il n’y a plus de place au Novotel proche.

C’est par sécurité, car arriver avec une mauvaise météo quand les passagers vous attendent en bas peut conduire à prendre des risques en forçant les minimas règlementaires.

 

S’il est délicat de se poser dans le brouillard, le décollage avec 200 mètres de visibilité ne pose guère de problème. Coussins, sac de couchage, trousse de toilette sont les accessoires que j’ai en permanence à bord. Toilette matinale dans les locaux de la tour. J’ai passé des nuits à bord avec des températures nettement négatives, en particulier quand il faut partir à l’improviste vers des villes ou se passe un évènement, foire industrielle ou commerciale ne permettant plus de trouver la moindre chambre.

Frankfurt, Düsseldorf, Hanovre où j’ai connu les nuits sur les parkings et les réveils au petit matin au bruit des turbines ou des réacteurs des avions au départ.

 

Se mettre en place, ça veut dire sacrifier la soirée en famille, mais pour moi, Michel ouvre l’aérodrome et le balisage de nuit juste après la fin du film ou de l’émission qu’il regarde. Amiens n’est qu’à 15 minutes de vol de Lille.

Le Cheyenne prêt à décoller, je peux passer la plus grande partie de la soirée chez moi, Michel lui, dit que venir à la tour, c’est sa petite promenade de santé avant de se coucher.

Quelquefois c’est lui qui m’appelle pour m’informer des risques de brouillard, me conseillant d’arriver au plus tôt.

Fana de radio, il a installé une radio VHF chez lui ce qui lui permet d’attendre mon arrivée au retour des vols sans avoir être bloqué des heures à la tour en cas de contretemps. Cela dit, j’ai toujours assez bien respecté les prévisions d’arrivée ou téléphoné juste avant de partir pour rectifier l’estimée d’arrivée.

Lui, souvent, téléphone à ma femme pour lui donner mon heure de retour et en déduire l’heure à laquelle j’arriverai à la maison.

Collaboration exceptionnelle.

 

Dans ces années-là, je fais l’essentiel du trafic IFR de l’aérodrome. Aérodrome malgré tout international puisque nous devons aviser les douaniers de nos départs ou arrivées de l’étranger. Ils ne se déplacent pas trop souvent.

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