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FAMILLE

Dimanche 7 janvier 2007

Qu'y a t'il de plus sympa que de pouvoir partager sa passion en famille...?

Voler en famille,
partager les vols privés et professionnels,
j'ai réussi cela et j'en suis fier
car
ma fille ainée vole de ses propres ailes depuis longtemps
et a déjà l'expérience de 4 compagnie aériennes différentes.
Les temps sont souvent durs pour les compagnies aériennes...!
CROSSAIR
SWISS
AXIS AIRWAYS
et maintenant CITYJET, filiale AIR FRANCE.
Mais ce n'est pas Air France...c'est une Cie Irlandaise.

J'ai volé en équipage 13 ans avec mon épouse
et 7 ans avec ma fille.

J'ai aussi une fille cadette qui ne pilote pas,
mais par contre...
nous nous sommes crashé ensemble en ULM
dans un champs de maïs...! suite à une panne au décollage. (merci Mario pour tes bidouillages de carbus...!  )

Par jean pierre Ebrard
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Dimanche 7 janvier 2007

C'est vrai,  initier très tôt une gamine aux choses de l'air peut laisser des séquelles

A 15 ans Virginie décide seule de devenir pilote... quelle idée...!
Je ne l'ai pas influencée, mais la lecture du livre de la première femme pilote de ligne à Air France, Danielle Décuré, y est certainement pour quelque chose.

Les débuts passent par l'aéroclub et l'avion d'affaires que pilote papa, son instructeur.

 

 

 

 

Tour de France en 15 jours avec escales sous la tente et chez quelques amis suivant les étapes.

  

Avec le Piper Cheyenne II

 

Le livre de Danielle Décuré

 

      8 MARS 2007    JOURNEE DE LA FEMME

                 équipage 100% féminin

A suivre

Par jean pierre Ebrard
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Dimanche 7 janvier 2007

J'ai 2 filles,
l'ainée pilote de ligne,
la cadette tour-du-mondiste...

 

Diplômée d’école de commerce, elle a travaillé dans les meilleurs boites de pub de Paris comme commerciale, responsable de budget, ce qui lui a permis de faire quelques voyages lointains.

Brésil, Tahiti pour le suivi des projets.
Grèce,Canada, Floride, New-York
Iles du Cap Vert

Puis aves un sac à dos pour tout bagage:
Viet-Nam, Laos, Cambodge, Birmanie, Hong-Kong
Maroc,  

Amérique du Sud

Responsable d’un budget pub pour l’Armée de l’Air, un colonel lui a dit : Mlle, vous ne pouvez pas connaître les choses de l’air.

Mon colonel, j’ai été élevée dans les vapeurs de kérosène, j’ai l’expérience de m’être crashé dans un champs de maïs avec mon père. Et vous, vous êtes vous déjà crashé… ?

Par jean pierre Ebrard
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Lundi 8 janvier 2007
 

Sophie a fait le tour de la planète.

Seule avec son sac à dos pour tout bagage.

C'est la meilleure façon de rencontrer des gens dit-elle,

en couple on n'a pas la même approche.

2 mois 1/2 Viet-nam, Laos, Cambodge, Birmanie, Hong-Kong

2 mois Amérique du Sud du nord au sud

Le Maroc, les Iles du Cap Vert, Thaïlande, Canada, New-York etc...etc...

Elle prépare un livre pour son retour:     "une fille seule, backpacker, autour du monde "

Par jean pierre Ebrard
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Jeudi 8 février 2007

Un livre sur mes vols, parce qu’au delà d’une expérience personnelle, je dirai même une aventure, c’est aussi une histoire familiale.


Mon épouse d’abord comme    " femme de pilote  jamais là"   au cours des périodes " aéroclub et avions d'affaires en transport public",  puis,  commerciale de la société, disponible elle aussi 24h/24.
Mère d’une apprentie pilote puis stagiaire elle-même, elle est devenue pilote d’avion d’affaires. Copilote sur biturbines puis sur jets d’affaires.

 

Ma fille elle, a fait avec moi son apprentissage de pilote privé et l’entraînement aux brevets professionnels tout en remplissant les fonctions de copilote à mes côtés.

Sept années de pilotage avant qu’elle ne prenne, fin 93, ses fonctions de commandant de bord dans une entreprise privée avec François, compagnon et copilote qui deviendra son mari en 1995 ( et son " ex " en 2006).

 

A compter de ce moment, le poste copilote qui était partagé par la mère et la fille, et, occasionnellement par le futur gendre, sera occupé à temps plein par mon épouse.

Nous partagerons aussi les vols et atterrissages en montagne en ULM.

 

Quant à ma fille cadette, saturée par les discussions aéronautiques familiales, elle qui ne volait que très occasionnellement avec moi,   elle a partagé l’expérience assez rare, de se crasher en ULM dans un champ de maïs pour une perte de puissance juste après le décollage.

 

Il fallait bien que toutes ces expériences puissent être relatées pour rester dans la " mémoire aéronautique familiale" et que les petits enfants sachent ce qu’ont vécu parents et grands parents ensemble.

Par jean pierre Ebrard
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Vendredi 23 mars 2007

             

     8 mars 2007

 

   

 

 

 

 

 

 

 

Non....Deux....!

 

 

   

de droite à gauche, Virginie, son copilote, pardon...sa...copilote...et la chef de cabine.

 

 

2 gamines dans le poste de pilotage,  est-ce bien sérieux....! 

 

 

 

 

.....deux autres

Par jean pierre Ebrard
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Lundi 2 avril 2007

13 octobre 1988.

 

L’homme aux rouflaquettes va arriver. La tension monte. Cet homme c’est Robert Faix, le pilote inspecteur de l’aviation civile Rhône-Alpes.

Pour ce test sur le Cheyenne, machine complexe, performante, qui n’a rien à voir avec un monomoteur d’aéro-club, j’ai voulu que ce soit un testeur que personne ne soupçonnera de complaisance envers Virginie pour son brevet. Si lui la juge apte, il ne sera pas dit qu’on lui aura donné parce que c’est la fille Ebrard.

C’est important, dans cette communauté de pilotes amateurs, les envieux, les jaloux sont prêts à bavasser.

 

Le Mike-Papa est fin prêt, la météo, le trajet donné à l’avance, les notams, tout a été étudié.

Robert, comme à son habitude, est peu bavard. Interrogation orale pour débuter, vérification des connaissances théoriques. Visite pré-vol et nous nous installons à bord.

Robert pour ce vol est installé en place passager car n’étant pas qualifié sur ce type d’avion il ne peut être en place droite, je suis donc le pilote de sécurité.

Il est prévu qu’il me passe des petits papiers sur lesquels il aura écrit ce qu’il souhaite que Virginie subisse comme épreuves pendant le vol: pannes, déroutement etc. C’est une convention.

 

Nous décollons pour notre première destination, Saint Flour dans le Cantal. Tout se passe bien. Le paysage défile vite évidemment, entre 450 et 480 km/h, plus vite qu’en monomoteur. En arrivant en vue de Saint Flour, Robert me passe le premier petit papier : N-1. Ca veut dire un moteur en moins.

Comme j’ai le choix, je dis à Virginie de couper le moteur droit. Elle doit gérer cela comme une panne réelle mais sans l’arrêter, simplement réduire la puissance et mettre l’hélice en drapeau, ce qui a le même effet. Il n’est pas permis…il n’est plus permis pour des raisons de sécurité, suite à de trop nombreux accidents en entraînement, de couper complètement un moteur. Cela dit, pour qu’un élève voit bien qu’effectivement il n’y a pas de différence entre la panne simulée et la panne réelle, au cours de la formation, à une altitude de sécurité suffisante, j’ai l’habitude de couper le moteur critique et de lui faire faire des évolutions aussi serrées que possible pour bien mettre en évidence qu’un bimoteur vole bien sur un seul moteur. Il est même normalement capable de poursuivre la montée après le décollage avec la moitié de sa puissance.

J’ai choisi le droit parce que le moteur gauche est ce que l’on appelle le " moteur critique ". Compte tenu de l’écoulement tourbillonnant derrière les hélices qui tournent toutes les deux dans le même sens, horaire vu de la place pilote, voler sur le moteur droit est plus pénalisant. C’est pour cela que certains avions sont équipé de moteurs contrarotatifs, le moteur droit tournant lui dans le sens anti-horaire.

Mais revenons à notre vol. Nous voilà en vue de Saint Flour avec un moteur en panne. Il faut que Virginie s’insère dans le circuit en respectant les règles d’approche sur un moteur : faire une approche de plus loin que d’habitude pour avoir le temps de bien se mettre dans l’axe de piste, bien ajuster sa vitesse d’approche, sortir les volets " position approche " et attendre d’intercepter le plan de descente de 5% pour réduire la puissance du moteur restant et sortir le train d’atterrissage. Eventuellement, en courte finale, si l’on est sûr de se poser correctement mais si la piste est courte, sortir tous les volets.

Tout cela avec un avion qui tire vers la droite du côté du moteur arrêté. Il faut mettre beaucoup de palonnier avec force pour conserver la trajectoire. Pied à gauche et bien calé dans son siège et le siège un peu plus en avant parce que la pédale s’enfonce sous le tableau de bord. " Pied mort, moteur mort ", le droit en l’occurrence, ça, c’est un truc pour confirmer le moteur en panne au moment ou il s’arrête, il ne s’agit pas de se précipiter et couper le moteur restant…c’est arrivé , et même souvent. Pas évident de tout gérer quand le stress s’en mêle… !

Encore un petit papier : " remise des gaz en finale N-1 ".

La remise des gaz sur un moteur est délicate. Mise en puissance, rentrée des traînée : train et volets, et assiette de montée en même temps sans passer en dessous d’une vitesse minimum ou le moteur nous entraînerait inexorablement vers la droite sans pouvoir contrer la dissymétrie de traction, ce qui suppose une assiette de montée faible et là, beaucoup de palonnier car le moteur gauche est au maximum de sa puissance, plus de 600 cv qui tirent en désaxé.

Nouveau tour de piste, nouvelle approche et atterrissage complet avec arrêt au parking pour souffler un peu….ouf… !

Elle a bien travaillé la petite. Il faut dire qu’elle a de l’entraînement. A chaque vol, ou presque, sans passager, je lui faisais le coup de la panne.

 

Nous repartons pour une nouvelle destination, que j’ai oublié depuis, mais de toutes façons, quelques minutes après le décollage, nouveau petit papier : " déroutement Clermont-Ferrand ". Consultation du dossier météo, c’est faisable.

Là…là, je commence à m’inquiéter. Virginie prend de l’altitude et des nuages traînant à notre niveau, elle décide de passer au-dessus. Pas dessous ou il y a de la marge entre la base des nuages et le sol ; non…au-dessus. Progressivement les nuages se font de plus en plus dense et deviennent une couche soudée…et nous sommes au niveau 105, plus de 3 000 m d’altitude.

Etant en règles de vol à vue, il ne sera pas question de traverser la couche à la descente. Contact radio avec Clermont : bonne visi, nuages élevés, 5/8, c’est à dire ciel au ¾ couvert.

Il faut savoir que je ne peux absolument pas l’aider en quoi que ce soit, nous sommes en test, elle gère seule son vol. Finalement, elle a de la chance la petite et moi je respire, une large trouée nous permet de revoir le sol avant d’arriver en vue de Clermont et de se positionner à la bonne altitude sur les points de report du circuit de piste.

 

Le retour sur Grenoble St Geoirs se passe bien. Robert est satisfait du travail de la candidate. Le brevet de pilote privé lui sera délivré à la date de son anniversaire le 24 octobre 1988, jour de ses 17 ans.

" Aviation & Pilotes "

A mon assureur j’explique que j’ai besoin d’une extension d’assurance pour Virginie afin qu’elle puisse voler seul sur le Cheyenne. Les clauses sont toujours très restrictives pour ce matériel coûteux et il doit en référer à sa compagnie. La compagnie est vraiment bien, pour des vols occasionnels, le Cheyenne sera assuré pour un tout jeune pilote privé commandant de bord avec un faible supplément de prime, mais pour Virginie seulement.

Quelques jours après, au retour d’un vol avec des passagers la météo étant très favorable, pas de vent, bonne visibilité, et à une heure ou il n’y a pas de trafic, j’envoie Virginie faire un tour de piste en solo.

Grand moment. Je sais bien qu’elle est capable mais quand même, la lâcher seule avec cette bête de course, " un avion d’homme " comme l’a écrit " Aviation & Pilote ", pas un avion de gamine de 17 ans. Je stresse un peu.

Je suis au pied de la tour avec ma radio portable. Je la suis des yeux et des oreilles. Le commandant d’aérodrome passe près de moi : " votre avion vole tout seul… ? ". Il va suivre avec moi ce lâcher peu ordinaire.

De retour au parking, la porte escalier s’ouvre, Virginie descend de l’avion, nous tombons dans le bras l’un de l’autre les larmes aux yeux. Grand moment d’émotions.

 

Une opération d’entretien sera l’occasion d’une première navigation solo. Basé à Grenoble St Geoirs, l’avion est entretenu à Chambéry. Habituellement on me prête une voiture pour rentrer à la maison. Là, je ferai le trajet Grenoble-Chambéry avec la voiture et Virginie avec l’avion. Idem pour le retour d’atelier.

Elle arrive bien entendu avant moi. Garé devant le hangar, elle porte au chef d’atelier les documents de bord et les notes que j’ai rédigé. Elle en discute avec lui un moment, puis le chef d’atelier lui dit : "mais qu’est-ce qu’il fait ton père, il va passer la matinée dans l’avion… ? ".

"  Mon père…il arrive en voiture, je suis venue avec l’avion parce que je ne peux pas conduire la voiture, je n’ai pas l’âge d’avoir le permis ".

Par jean pierre Ebrard
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Vendredi 19 octobre 2007
Mont Aiguille, 
         Mont Rose
                  Mont Blanc

Délaissant ses manettes, son équipage et ses passagers  (et ses deux gosses), Virginie "frôle" encore le ciel...à pied.

Mont Aiguille

 

 

        

Mont Rose,  ici avec son guide

 

 

Les 3 monts:

         Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit

                                              et Mont Blanc

 

 

  "MONT BLANC  EXPRESS".....
Partie de Rocquemont, Nord de Paris,  le vendredi, arrivée à Chamonix pour aller dormir au refuge des Cosmiques. Ascension le samedi 13 octobre 2007 entre 5 heures et 18 heures. 2eme nuit aux Cosmiques et retour à Rocquemont le dimanche.

Banalisé mais demandant de l'entraînement, faire avec le mal des montagne qui vous empêche de dormir et qui ne vous lâche pas jusqu'au Mt Blanc du Tacul, le premier mont à passer.

Et le samedi matin, dans les avions de la compagnie, les pilotes scrutaient le Mont Blanc en passant au-dessus, en route  vers Florence : Virginie est en train de grimper là....il y avait eu une fuite et ils s'interrogeaient, et pariaient peut être sur ses chances d'arriver au sommet...? 

La descente : ça y est..c'est fait...!

Prochaines ascensions:    le Cervin en 2008

                  et le kilimandjaro plus tard...

Par jean pierre Ebrard
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Samedi 24 novembre 2007

Crash du Coyote

 

Août 1998. Je suis dans le Berry à Rocquemont avec mon épouse, posé dans un champ juste à côté de la maison de Virginie qui est enceinte de 4 mois de notre petit-fils Guillaume. Nous nous y sommes déjà posé l’année précédente, ce qui m’a a donné l’occasion de donner un baptême de l’air à l’agriculteur, monsieur Bavouzet, qui nous héberge dans sa prairie et à ses voisins. J’ai même fait faire un tour du pays à sa mère qui approche des 90 ans mais va toujours au village en vélo. Une vieille dame charmante et aussi le PDG de Virginie et ses enfants.

 

On ne peux pas se poser en avion dans un champ non agrée par l’aviation civile, mais le système ulm est très libéral, il suffit d’avoir l’accord du propriétaire et " d’aviser " la mairie, ce n’est même pas une autorisation.

 

Cette année la moitié des terres est en culture de maïs…malheureusement !

 

Nous sommes avec des températures qui dépassent les 30°. J’ai eu avant de partir de Grenoble des petites ratées moteur que Mario, le mécano des établissements RANS, représentant des ulm Coyote, après contrôle des carburateurs, attribue à du " vapor lock ", un phénomène de vaporisation de l’essence dû à la chaleur.

J’ai fait l’erreur de faire confiance en son diagnostique, c’est lui qui a assemblé la machine quand il travaillait chez Philippe Zen.   Philippe m’a dit plus tard qu’il était très content que Marion soit allé chez Rans parce que c’est un mauvais à qui il n’a jamais laissé toucher son moteur… !

 

Notre fille cadette, Sophie, 22 ans, nous a rejoint. Dans l’après-midi je décide d’aller faire un tour de Coyote et Sophie qui n’a volé que très rarement en avion avec moi me demande de l’emmener.

" Papa, je n’ai jamais volé avec toi dans ton ulm, tu veux bien m’enmener "  ?

 

Nous faisons quelques photos devant la machine avant d’embarquer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visite prévol, dernières vérifications, alignement et décollage dans les sillons du champ fraîchement labouré.

 

Le décollage se passe bien, mais arrivé au bout du champ en commençant à survoler les maïs, les ratées moteurs commencent. J’agite la manette de puissance, et je rends la main pour stabiliser la machine en vol horizontal.

 

Sophie me demande :

" qu’est qu’il se passe papa "  ?

" Nous sommes en panne…. "

" Non…tu rigoles… "  ?

" Euh…non, je ne rigole pas ".

 

Pendant ce temps la vitesse diminue et je suis obligé de nous laisser descendre vers les maïs. Passant la lisière de forêt qui borde le champ, j’essaye d’aller en virant doucement vers une prairie bien dégagée. Le moteur tourne encore à faible puissance.

Ca descend toujours mais j’arrive au bout du champ de maïs, la vitesse diminue encore et finalement je m’enfonce en décrochant dans cette masse verte.

Légèrement incliné, c’est l’aile gauche qui la première accroche les tiges de ,maïs entraînant la machine dans un demi-tour rapide. L’hélice brasse la maïs, on voit voler du vert de partout et nous finissons notre course en marche arrière avec une immobilisation rapide.

Tout cela a duré à peine une minute depuis le décollage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je dis à ma fille de se détacher et de sortir car ça risque de prendre feu. Sophie dans l’affolement a de la peine à défaire sa ceinture, je dois l’aider. Je coupe les contacts, puis nous nous éloignons. Rien ne se passe.

 

Sophie alors me dit :

" papa, tu as cassé ton avion " ! puis elle se jette dans mes bras

" j’ai eu peur " !

 

En y repensant, je trouve sympa qu’elle eu une pensée pour moi et mon ulm avant de penser à sa frayeur.

 

Il ne nous aura manqué que 30 mètres pour atteindre le champ voisin.

 

Je décide d’aller à maison de Virginie pour organiser la suite des choses, le téléphone portable ne passe pas dans cette zone, je ne peux prévenir personne de notre accident, il faut traverser ce champ pour s’y rendre.

Je commence à y aller à grand pas, Sophie me suis en se tordant les chevilles dans la terre meuble quand nous entendons des cris. Nous ne voyons personne, les tiges de maïs montent à plus de 2 mètres. Retour sur nos pas, je vois ma femme qui accoure vers moi complètement affolée, Virginie la suit.

 

Elles ont suivi notre décollage et nous ont vu disparaître derrière la forêt en basse altitude sans réapparaître, ayant entendu la baisse de puissance moteur. Arrivées en catastrophe en voiture en contournant les champs par des chemins de terre, elles demandent à un paysan présent sur les lieux s’il nous a vu atterrir.

Il répond : " c’est fini " !

 

Allez comprendre sa façon de parler, il a dû vouloir dire que l’atterrissage était terminé, mais ma femme et ma fille l’ont interprété autrement, d’où les cris que j’ai entendu. Une grande frayeur…. ! Pas bon pour une femme enceinte.

 

Je fais ramener l’épave à Grenoble pensant la remettre en état et j’envoie les carburateurs en révision. Avirex, la société qui commercialise le moteur m’appelle pour me dire qu’ils ont un sérieux problème avec ces carbus : Un coup de cutter à endommage une membrane, un joint est défectueux, le réglage des cuves n’est pas du tout dans les normes et pour tout arranger, les joints ont été collés à la colle Néoprène, avec le risque que la colle se dissolvant au contact de l’essence aille tout obstruer.

Je venais de faire réviser ces carbus par Mario juste avant de partir.

4 fautes majeures pour une seule opération d’entretien. Et impossible de se retourner contre l’atelier car en faisant faire cette révision par le concessionnaire du moteur, j’ai juridiquement " détruit la preuve ".

 

Finalement, la cellule ayant été trop endommagée dans ce crash, je la vends à Philippe Zen et je commande une nouvelle cellule à Philippe Prévost, concepteur du SKYRANGER, une machine simple, facile à assembler, toute en tube boulonnés.

Facile à assembler et facile à réparer, ce que nous verrons plus loin.

Sophie est diplômée d’une école supérieure de commerce, elle a travaillé dans les meilleurs boites de pub de Paris comme commerciale, responsable d’un budget pub pour l’Armée de l’Air, un colonel lui a dit :

" Mademoiselle, vous ne pouvez pas connaître les choses de l’air ".

" Mon colonel, j’ai été élevée dans les vapeurs de kérosène et j’ai l’expérience de m’être crashé dans un champs de maïs avec mon père.

Et vous, vous êtes vous déjà crashé… " ?

 

 

 

Par jean pierre Ebrard
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Dimanche 9 décembre 2007

Juillet 2004, un nouvel élève vient s’inscrire pour faire du vol en montagne, un grand gars baraqué sympa, Hugues Baschet. Premier vol, à nous deux, nous remplissons le poste de pilotage et pourtant je ne suis pas trop large. Je me dis que la prochaine fois ce sera mieux d’enlever les portes pour voler plus à l’aise.

 

 

Hugues est pilote de ligne, nous venons à discuter de son travail, il vole sur British Aerospace 146, un quadriréacteur de 100 places. Virginie a volé sur ce type d’avion avec les compagnies Crossair et Swiss. Crossair a été transformée en Swiss après la faillite de Swissair et Swiss en état de faillite a été absorbée par Lufthansa.

Nous faisons quelques très bons vols ensemble, c’est toujours très agréable de voler avec un pro, il pige rapidement et on peut comparer la rigueur de pilotage d’une finale sur altisurface avec celle d’une finale de vol sur avion lourd, on parle le même langage, on utilise les mêmes expressions.

Virginie licenciée de Swiss, tous les " étrangers " d’abord, elle me suggère de demander à mon " copain " si on n’embauche pas dans sa compagnie en ce moment, elle vient d’envoyer son CV.

J’appelle Hugues et il me dit qu’effectivement, la compagnie est en période de recrutement, Il me précise même qu’il serait bon d’appeler directement le responsable embauche, et me donne son numéro de téléphone. Cette compagnie en phase d’expansion utilise des Boeing 737 mais aussi des Bae-146.

            British Aerospace 146

Appelons ça un " coup de pouce ", toujours est-il que le CV de Virginie passe sur le dessus de la pile, elle est convoquée pour passer l’entretien d’embauche et les tests de vol sur simulateur à Manchester, la mise en ligne se faisant dans la foulée, principalement pour du cargo de nuit, mais aussi des vols charter de jour.

Les hasards de la vie, la " baraka " que j’ai déjà évoquée.

Rendez vous compte : après avoir assuré toute la formation de base de ma fille jusqu’à son premier job, je me retrouve, bien qu’à la retraite, à lui fournir un emploi grâce à mes relations ULM…. ! incroyable hasard et opportunité. Cela dit, elle avait les compétences pour remplir sa fonction de copilote puisque rapidement elle a été promue commandant de bord.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, Axis-Airways en difficulté, Hugues et Virginie partent chacun de leur côté dans une autre compagnie, et "frôler le ciel", ça se fait aussi à pied. 2007,   Hugues et Virginie se retrouvent pour faire de la montagne et du parapente. Mont Rose, c’est tellement mieux de descendre en planant en parapente biplace.

 

 

 

 

 

 

 

Hugues et Virginie à l'atterrissage.

 

 

 

Le guide de montagne, aussi instructeur parapente et Virginie.

Par jean pierre Ebrard
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