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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 13:33

     18 ans

     En attendant mon départ pour l’armée, je travaille dans l’auberge de mes parents et je continue à voler à l’aéroclub de Fréjus en donnant des baptêmes de l’air à des amis.

     Au cours de l’un de ces vols, il m’est arrivé une petite mésaventure qui aurait pu être dramatique. Fréjus a deux pistes, l’une en dur, l’autre en herbe croise la première, elle est orientée au sud dans l’axe des vents dominants. Pilotant un Piper qui n’est pas équipé de radio, comme la plupart des avions de club de cette époque, je pars avec un de mes passagers pour un vol local.

     Le vent est assez fort du Sud-Est, je choisis donc de décoller sur la piste en herbe. Pour cela, je dois remonter la piste en dur pour rejoindre le seuil de piste de celle en herbe.

     Je me présente au seuil de la piste en dur tourné vers la tour pour voir le signal lumineux. Ce sont des séries d’éclats verts ou rouge ou blanc.

     Aucun signal ne me parvient, je peux rouler sur la piste principale.

     Arrivé au seuil de la piste en herbe, je m’aligne pour le décollage, je regarde une dernière fois la tour… Toujours pas de signaux, je mets les gaz pour le décollage.

Décollage court, le Piper est une libellule, je suis en l’air en quelques dizaines de mètres, aidé par le vent. Je vais passer au-dessus de l’intersection des pistes et à ce moment, je vois un Bréguet Alysé de la Marine qui vient de se poser. Nous nous croisons exactement à l’intersection des pistes. 

   

Breguet-Alyse-BR-1050-BD.jpg  Je vois les pilotes qui me regardent. Je suis à environ quinze mètres au-dessus d’eux.

     Je termine mon vol et au retour, je retrouve le chef-pilote, le Commandant Coadoux, un ancien pilote de chasse qui a fait la guerre de 14-18 avec quelques victoires aériennes et qui a aussi volé sur MS-406, un excellent avion de chasse qui a malheureusement très peu servi pendant la guerre de 39-40.

 

     Il me fait un sermon terrible, mais se calme quand je lui dis que je n’ai reçu aucun signal de la tour.

     Je suis convoqué au PC des officiers. Coadoux m’explique où c’est, mais en y allant je ne vois pas très bien et je vais à la tour. Je monte les escaliers et là, je tombe sur le contrôleur de service. Un jeune qui a à peine plus que mon âge. Il est gêné et m’explique qu’en fait " il ne m’a pas vu ". J’ai eu le temps de remonter la piste en dur, la piste en herbe, faire mes essais moteur, mes " actions vitales " (checklist), et l’alignement-décollage. Il n’a fait que contrôler par radio le Bréguet.

      Quand je me suis aligné, je n’ai pas vu le Bréguet. Je pense qu’il était déjà très bas et se confondait avec la ville de Fréjus toute proche dans l’axe de la finale.

     J’ai vu qu’il avait des livres sur son pupitre pour passer le temps, car l’aérodrome n’enregistre que très peu de trafic.

     Finalement je trouve le PC officier et là je me reprends un autre sermon sévère par un type plein de barrettes sur les épaules et des décorations sur la poitrine. Je suis tout penaud, il me met dans le doute, je ne suis pas sûr de ne pas avoir tout fait correctement.

     " J’arrive de la tour et votre contrôleur ne m’a pas vu depuis le début de mon roulage jusqu’au décollage "….

     Grand silence… Je l’ai pris à contrepied. Finalement je suis reconduit à la porte avec l’obligation de faire un rapport écrit. Je n’ai plus entendu parler de cette histoire.

 

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Published by jean pierre Ebrard - dans MES VOLS - DEBUT DE CARRIERE
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