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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 20:41

Premier contact avec une piste d’atterrissage en montagne.

      Ma licence est une licence suisse. Pour pouvoir voler en France, je dois obtenir l’équivalence française, ce qui se fait en se faisant contrôler par un instructeur-examinateur.

      A Grenoble, je fais la connaissance d’Henri Giraud. J’avais entendu parler de lui comme un pilote fameux, mais je ne réalisais pas encore le côté exceptionnel de son exploit, s’être posé dans un mouchoir de poche à 4 807 mètres d’altitude.

      " Mon jeune ami, vous avez certainement très bien appris à piloter en Suisse. Moi je vais vous montrer comment on vole en France. ".

      J’ai vu… ! Des décollages avec montée en chandelle suite à une bonne prise de vitesse, le capot dans le ciel et, à la limite de la perte de vitesse, piqué vers la piste et rebelote jusqu’au bout du terrain….Entre autres démonstrations. J’aurai la sagesse de ne pas chercher à l’imiter avant de bien maitriser le manche à balai.

      Comme je suis disponible, Henri Giraud m’embauche pour aller travailler sur un terrain qui sera la future piste d’atterrissage des Deux Alpes ". Il prend aussi avec deux autres jeunes comme moi. Il faudra dégager les cailloux de la piste.

      Arrivés là-haut, j’ai la charge d’un marteau-piqueur autonome qui fonctionne avec un petit moteur 2 temps. Ce truc là fait un boucan épouvantable. A l’époque, on ne se souciait pas trop de ce genre de nuisance qui peut à long terme vous rendre à moitié sourd.

      Je fais des trous dans les plus gros rochers. Un vrai travail de manœuvre spécialisé. Un vieux du pays vient ensuite y placer une cartouche de dynamite, allume la mèche puis tranquillement, les mains dans les poches, s’en va sans se retourner pendant que nous, nous sommes planqués à l’abri bien loin.

      Pendant une semaine j’aurai l’impression d’avoir une bouilloire sifflante dans la tête. Je pense que je dois à ce marteau piqueur une bonne partie des acouphènes (sifflement continu dans les oreilles), que j’ai depuis bien des années, le reste étant les bruits d’avions lorsque je volais sans interphone en instruction pendant des milliers d’heures .

      Malheureusement, suite à un avion qui heurtera le câble d’une remontée mécanique proche, la piste sera supprimée. Pour ceux qui connaissent la station, elle était derrière l’hôtel Tessa.

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Published by jean pierre Ebrard - dans VOL EN MONTAGNE
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