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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 18:00

Le SAMU de Lille m’appelle pour aller chercher un patient qui a fait une crise cardiaque à Avignon. Il faut le ramener à Lille en vol, car il ne supporterait pas le transport en ambulance. Les frais sont pris en charge par la sécurité sociale.

Le vol se passe bien, transfert sans problème. Pour ce type de patient, je fais en sorte de voler relativement bas pour que l’altitude cabine soit équivalente à celle du sol, ce que permet la pressurisation de mon Cheyenne jusqu’aux environs de 4 500 mètres. La consommation de kérosène est plus élevée, mais la sécurité d’un patient cardiaque est assurée, il n’y a aucune variation de pression pendant tout le vol.

 

Un an après, Madeleine reçoit un appel de la famille de ce monsieur. En vacances à Vannes, il a fait une nouvelle crise cardiaque, il est intransportable en ambulance routière et la sécu ne veut pas payer son transfert en avion. Son état s’aggrave de plus en plus, loin de chez lui sans sa famille près de lui, il se laisse aller.

Ces gens sont désespérés, le cout du vol dépasse leurs possibilités même en ayant fait appel à tous leurs proches. Ils nous demandent si nous n’avons pas une possibilité de transport aérien plus abordable.

J’avais déjà dit aux médecins du SAMU de Lille que faisant beaucoup de vols sanitaires, tous payés par la sécu (avec plus ou moins de retard, jusqu’à deux ans…) je pourrai sans problème faire un vol au prix du kérosène si un cas comme celui-ci venait à se présenter. Quand je fais un vol sanitaire, j’ai vraiment le sentiment d’être utile et je me sens une obligation d’agir ainsi.

 

Le prix de kérosène n’a pas encore atteint les sommets d’aujourd’hui, tant s’en faut. Et c’est un produit pétrolier largement détaxé. Je leur fais donc un prix tellement raisonnable que le trajet en voiture leur aurait couté plus cher.

Je retrouve cet homme que je reconnais bien, il a effectivement l’air d’être très mal en point. Pour l’accompagnement médical, j’ai demandé à l’un des deux responsables du SAMU de m’accompagner, ce qu’il a fait bien volontiers. Les ambulances au départ et à l’arrivée ont quand même été remboursées.

 

De retour à l’hôpital de Lille avec sa famille près de lui, il a vite repris des forces.

Sa famille très reconnaissante m’a régulièrement téléphoné au moment des fêtes de fin d’année pour nous donner des nouvelles de leur père et nous souhaiter à ma femme et moi une très bonne année.

Ces appels sont pour nous de merveilleux cadeaux de Noël.

 

 

 

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Published by jean pierre Ebrard - dans AVIATION D'AFFAIRES
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